Abbé Louis Mpala

dimanche 20 avril 2008

Afin d’apprendre aux humains à vivre en communauté et non d’une façon isolée, ils leur disaient qu’ « un arbre ne fait pas la forêt ». L’homme, symbolisé par un arbre, est appelé à ne pas se prendre pour un être indépendant et se suffisant. Il a toujours besoin des autres pour être reconnu homme et pour devenir réellement homme. Il est un être-avec-et-pour-les-autres même si de temps en temps il expérimente la solitude. Celle-ci est accidentelle à sa nature humaine.

            En outre, ils savaient que toute la société, par l’éducation, a le devoir de sauver tout homme et tout l’homme et doit faire croître en lui ce qu’il y a d’humain. Pour bien illustrer cela, ils enseignaient que « si on coupe le cœur du palmier, tout l’arbre est mort ». Soucieux de préserver le cœur du palmier qu’est l’homme, ils invitaient les jeunes gens à tenir compte des conseils sages, car, clamaient-ils, « l’arbre qui n’ose pas faire pénétrer ses racines est  improductif ».

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samedi 5 avril 2008

Nous savons que le tournant philosophique ou la conversion gigantesque tant souhaitée tardera à venir si notre enseignement ne résiste pas à l’observation de F. Nietzsche pour qui « l’unique critique d’une philosophie qui est possible et qui démontre aussi quelque chose, c’est-à-dire tenter si on peut vivre selon elle, n’a jamais été enseignée dans les universités ; mais [on enseigne] toujours la critique des paroles aux paroles »[1]. Un tel enseignement, division sociale culturelle, est subrepticement une idéologie anesthésiste, stabilisatrice, justificatrice et légitimatrice de l’état et de l’Etat actuels.

Autocritique et critique, le philosophe, vous et moi, est encore plus dangereux, car imprévisible. Il est capable, comme le dit si bien Louis Althusser,  de faire de sa philosophie, en dernière instance, la lutte des classes dans la théorie[2] en vue d’une action réformatrice ou révolutionnaire.



[1] F. NIETZSCHE, Schopenhauer come educatore, Roma, Newton Coimpton Editori, 1982, p.96.

[2] Cf. L. ALTHUSSER, Réponse à John  Lewis, Paris, Maspero, 1974, P.11.

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dimanche 27 janvier 2008

Marx, dans les Manuscrits de 1844 affirma (et cela après HEGEL) que le travail est « l’acte d’engendrement de l’homme par lui-même »[1]. En d’autres termes, nous dit H. MARCUSE, « [le travail est] l’activité par laquelle et dans laquelle l’homme devient proprement ce qu’il est en tant qu’homme, par son essence, et cela de telle manière que son devenir et son être existent pour lui,  qu’il se sait et  se « considère » lui-même pour ce qu’il est (le devenir-pour-soi de l’homme) »[2]. Ainsi le travail est une catégorie anthropologique.  Le travail est l’essence de l’homme.  C’est à partir de ce présupposé que l’on peut bien comprendre, pensons-nous, la VI Thèse sur Feuerbach selon laquelle « dans sa réalité, (l’essence humaine) est l’ensemble des rapports sociaux ».



[1] K. Marx, Manuscrits de 1844 (économie politique et philosophie). Présentation, traduction et notes de Emile Bottigelli. Paris, Editions Sociales, 1968, p.144.

[2] H. MARCUSE, Philosophie et révolution, (Bibliothèque Médiations), Paris, Denoêl, 1969, p. 60.

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