Abbé Louis Mpala

vendredi 23 octobre 2009

L’homme est le seul animal qui essaie de donner une réponse à son étonnement. Voici quelques questions propres à l’homme : pourquoi y a – t-il quelque chose plutôt que rien ? Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pourquoi souffrir ? Pourquoi naître blanc ou noir, handicapé physique ou mental ? Pourquoi mourir si tôt ou si tard ? Pourquoi la misère ? Après la mort, qu’est-ce qui m’attend ? Tout finit-il avec cette vie   ou reviendrais-je encore sur cette terre ? Si oui, sous quelle forme ? Comme je rêve, puis-je entrer en contact avec l’Au-delà ? Si oui, comment cela est-il possible ? Suis-je seul à habiter ce monde terrestre ? D’où viennent la puissance, la force, le pouvoir et la richesse de certains ? Etc.

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dimanche 19 juillet 2009

Le titre lui-même fait problème. De quel philosophe africain s’agit-il ? Est-il autonome ou dépendant ? De quelle société est-il une conscience ? Ces différentes questions font voir que Nketo ne s’est pas posé des questions sur la formation de son philosophe africain et il n’a même pas voulu savoir la vraie nature de la société dont il veut parler. Gramsci a consacré tout un écrit sur Les intellectuels et leur formation. Il n’est aucun doute que nos sociétés africaines sont en général capitalistes. C’est leur mode de production. Ainsi nous avons des classes sociales. C’est à ce niveau qu’il faut situer le philosophe africain. A quelle classe appartient-il ? Il sera alors conscience de sa classe et non de la société. Gramsci nous enseigne que chaque groupe social crée des intellectuels à qui il confie une conscience de sa propre fonction du point de vue économique, social et politique. Tout philosophe, dans sa classe, devient un intellectuel organique. Si notre remarque est bien comprise, l’on s’interdira de maudire les grands professeurs des universités qui sont devenus les conseillers des gouvernements décriés. Voilà pourquoi l’on doit retenir comme acquis le dire d’Althusser qui s’énonce ainsi : « La philosophie est, en dernière instance, lutte des classes dans la théorie »[1]


[1] ALTHUSSER, L., Réponse à John Lewis, Paris, 1973, p. 11          

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Le titre lui-même fait problème. De quel philosophe africain s’agit-il ? Est-il autonome ou dépendant ? De quelle société est-il une conscience ? Ces différentes questions font voir que Nketo ne s’est pas posé des questions sur la formation de son philosophe africain et il n’a même pas voulu savoir la vraie nature de la société dont il veut parler. Gramsci a consacré tout un écrit sur Les intellectuels et leur formation. Il n’est aucun doute que nos sociétés africaines sont en général capitalistes. C’est leur mode de production. Ainsi nous avons des classes sociales. C’est à ce niveau qu’il faut situer le philosophe africain. A quelle classe appartient-il ? Il sera alors conscience de sa classe et non de la société. Gramsci nous enseigne que chaque groupe social crée des intellectuels à qui il confie une conscience de sa propre fonction du point de vue économique, social et politique. Tout philosophe, dans sa classe, devient un intellectuel organique. Si notre remarque est bien comprise, l’on s’interdira de maudire les grands professeurs des universités qui sont devenus les conseillers des gouvernements décriés. Voilà pourquoi l’on doit retenir comme acquis le dire d’Althusser qui s’énonce ainsi : « La philosophie est, en dernière instance, lutte des classes dans la théorie »[1]


[1] ALTHUSSER, L., Réponse à John Lewis, Paris, 1973, p. 11          

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Hume est un vrai philosophe et fin psychologue. Ainsi tout ce qui est humain ne lui est pas étranger. Il en fait un objet de sa réflexion. Tel fut le cas de la propriété et de la richesse. Ses analyses sont tellement claires que n’importe qui peut l’observer ou s’y reconnaître. Il nous ouvre les yeux sur une espèce particulière de causalité. De son écrit, nous voyons comment naissent les différentes formes d’aliénation ayant comme source et cause la propriété et la richesse.

                   

            Toutefois, nous avons fait remarquer que l’écrit de Hume nous a laissé sur notre soif car il ne nous propose pas les voies et moyens pour échapper aux passions d’orgueil et de vanité et il ne nous a rien dit sur l’origine de la propriété et de la richesse.

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Le retour au pays est un retour sur soi afin de mieux voir et ainsi l’on peut encore continuer à vivre « avec Santé ». Maître de la vie, biosophe, Nietzsche affirme la vie en s’inscrivant en faux contre le conformisme, le mensonge, le nihilisme, le dogmatisme, le fatalisme, le relativisme. Il inscrit d’autres valeurs sur de nouvelles tablettes et souhaite à chacun une « Bonne santé » pour bien tenir et se dépasser. Quoi de mieux !

 

 

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samedi 6 juin 2009

Fort de son hypothèse, Mayele voudrait que la notion d’environnement soit éclatée ou mieux élargie jusqu’aux ancêtres et les génies « en tant que entités spirituelles participant d’une dimension autre du monde et en quelque sorte externes au monde humain vivant et néanmoins intimes à lui (…) »[1]. Philosophe, Mayele veut aller là où le scientifique ne peut le suivre sous peine de se métamorphoser.  Mayele, pour bien argumenter, s’atèle à se faire une idée plus ou moins exacte de la personne humaine. Ceci le conduit à s’intéresser à l’âme et à la conception de la vie après la mort. En Afrique noire, malgré certaines différences entre les ethnies dans la conception de la personne, l’être humain est composé de plusieurs principes ou éléments de diverses origines : « des parents biologiques, d’ancêtres, de l’initiation, etc. »[2]. Un seul de ces éléments en est le substratum. Ce dernier reçoit plusieurs noms : âme, le double, le souffle, l’ombre, la force vitale, l’énergie vitale, etc. c’est lui qui assure à l’individu défunt et décomposé la continuité de la vie sous une autre forme. C’est à ce niveau que Mayele, pour éviter certaines confusions, distinguera la réincarnation pythagoricienne d’inspiration orphique de la réincarnation afro-archaïque commandée uniquement par le principe d’anthropogenésie et n’obéissant à aucune exigence d’ordre éthique. Pour la réincarnation afro-archaïque, « les défunts, les ancêtres distribuent leur force vitale à leurs descendants et continuent ainsi à exercer un rôle dans la société des vivants »[3]. Cette remarque est importante et fait de Mayele un chercheur averti et pourquoi pas un savant dans son domaine ! Mayele souligne que c’est dans ce contexte où l’on voit l’action des défunts, des ancêtres et leur intervention plus ou moins tangible dans le monde de vivants qu’il faut situer, pour la meilleure compréhension, le problème de la causalité de la procréation en général mais surtout de la dyosynchrogenèse, pour ce qui concerne l’Afrique noire.

            Voulant être plus original, et ce pour expliciter sa « métaphore heuristique », Mayele prend l’initiative de donner un nouveau contenu au terme « ancêtre ».


[1] Ib., p. 278.

[2] Ib., p. 279.

[3] Ib., p. 281.

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Voyant le « bébé », on s’exclame : « Il a l’air humain ». En d’autres termes, on n’a pas encore totalement réussi, mais l’on n’est pas loin de la réussite totale. Ne disent-ils pas : « Il ne sourit pas comme un bébé humain » ? Qu’est-ce à dire ? Ils sont conscients qu’il n’est pas encore totalement humain. Voilà pourquoi, il y a une grande discussion entre eux : « Le tuer serait un crime et le faire exister est un crime ». Cette discussion se termine par un constat que je qualifie de Prométhéen : « Il est venu au monde au mauvais moment ». Cette phrase est lourde de conséquence. Elle veut dire qu’un temps viendra où leur expérience ne sera plus cachée à la face du monde. Oui, faisons attention. Ce temps vient lentement mais sûrement.

            L’acteur principal fera tout pour cacher l’enfant Gordon H07. Il l’amènera même au baptême. Devant les reproches d’une dame qui en savait trop des expériences interdites, l’acteur principal répondra : « Dieu lui aussi est un chercheur ». En d’autres termes, comme Dieu, il a droit aussi à faire des recherches jusqu’à la réussite.

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jeudi 28 mai 2009

Il y a un contexte présupposé qui conditionne l’ensemble de l’activité de parole : lorsqu’on entreprend de parler, nous dit LATRAVERSE, on présuppose que ce qu’on dit a un sens repérable [je souligne] que certaines expressions qu’on utilise ont une référence identifiable (…), qu’autrui dispose de moyens permettant de comprendre ce qu’on lui dit (…) »[1]. Le sens repérable et la référence identifiable sont ici ce que Paul Ricoeur appelle espace d’expérience, le PASSE PRESENT[2]. Notre passé lointain et récent est présent, car il est notre référence. C’est le contexte-prétexte et L. D. KABILA l’analyse : « Mais le régime (…) a plongé dans l’irresponsabilité illimitée. Chose que Mobutu a reconnu, parce qu’il ne faisait que s’étonner sur le bateau [Outenika] (…). Ils [les Blancs] nous ont pris pour des gamins* (…). Un grand pays où l’on trouve la végétation la plus luxuriante et où les gens ne cultivent pas parce que nous sommes condamnés à vivre avec l’occident alors que nous sommes riches »[3]. C’est un passé où « le pays (…) était alors dirigé par un Etat anti-peuple, un Etat dont la mission essentielle était de défendre les intérêts étrangers et de contenir le courroux des populations congolaises exploitées afin de permettre à ces intérêts étrangers de saigner à blanc la RDC. Les résultats, c’est la création de la misère un peu partout. C’est l’économie dite ravageuse extravertie. [Et à ce propos, en 1993, Kabila avait adressé une lettre de 17 pages à Mobutu où il disait entre autres : « Cessez d’avec la civilisation de la cueillette pour opter pour celle de la productivité »[4]]. Toutes les critiques, dit KABILA, ont convergé pour dire que l’Etat d’alors n’était pas autre chose qu’une sorte de garde-chevaux. Un Etat qui avait une seule mission : que les intérêts des grands pays et des petits pays priment sur l’intérêt national. Le caractère répressif de cet Etat est là. [C’était un] Etat-compradore (…), un gouvernement pour la sauvegarde des intérêts non nationaux, un gouvernement de marionnettes, un gouvernement actionné de l’étranger. (…). C’était la courroie de transmission des directives de l’étranger et qui oeuvrait uniquement à protéger les intérêts (je souligne), et vous êtes tous au courant, poursuit Kabila, on parlait des intérêts des Américains, des Français, des Belges… mais jamais des intérêts du peuple congolais. Et vous savez que cet Etat-là, conclut KABILA, l’Etat-compradore a trop duré. Il avait créé une culture, des habitudes dans le mode de production, de la pensée… le comportement des citoyens


[1] - F. LATAVERSE, cité par G. NDUMBA, Critique de la raison pragmatique …, ., p. 175.

[2] - Cf. P. RICOEUR, o.c., p. 376.

* C’est moi qui souligne les mots se trouvant en italiques dans les discours de KABILA.

[3] - L.D. KABILA, Discours,  dans  Le Palmarès 1343 (28/9/1998), p.  et 6.

[4]   Lettre citée par G. MUKENDI et B. KASONGA, Kabila le retour du Congo, cité par D. BIKOKO, Recension du KABILA le retour du Congo de Mukendi et Kasonga , dans   Raison Ardente 50 (1997), p. 131.

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lundi 25 mai 2009

            De  ce qui précède, nous pouvons dire que nous avons découvert un nouveau monde, monde ayant ses soucis et ses joies. Du dialogue avec Kinaka, nous avons compris que l’homme n’a pas seulement des préoccupations matérielles, mais qu’il est aussi rongé par le souci ou le désir d’aller au-delà de la nature ou de la matière. Toutefois nous sommes contraint de constater avec Marx que, pour notre cas « kinakien », l’infrastructure détermine la superstructure, que dis-je ? L’économique qui n’a pas fait naître le culturel le détermine en dernière analyse,  pour le cas « kinakien ». Mais n’est-ce pas que le sort dernier de l’art est de transcender sa détermination sociale, s’émanciper de l’univers économique ?[1]



[1] Ib.,, p. 20

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mardi 19 mai 2009

En outre, il serait obérant de réduire tout le phénomène têtu de sorcellerie à un reflet de la détérioration des rapports sociaux. Cela n’est pas toujours le cas. Que dire de cette personne qu’on assiste et qui, à la place de la reconnaissance, fait du mal à son bienfaiteur ? Sont-ce ses rapports sociaux détériorés qui l’ont poussé à commettre le mal ? Encore une fois, le proverbe bemba est plus réaliste que certaines explications qui se veulent scientifiques dans leur réductionnisme : « Amano ya ndoshi Kutumpa = l’agir du sorcier est absurde, c-à-d non déductible par la raison ».

Par ailleurs, il serait imprudent de toujours établir une relation de dépendance entre la sorcellerie et la crise socio-morale et qui poussera à affirmer que la sorcellerie est cause de la crise et que tout en n’étant pas la cause absolue, elle peut être son effet voire le moyen d’y remédier. Malemba, spécialiste sur les problèmes de la sorcellerie à l’Université de lubumbashi, me semble incomplet dans ses explications,  car il passe sous silence certains témoignages (dans son Induction abstractive ≠ L’expérience directe) où certains sorciers manifestent, sans rancœur, le sadisme ou leur plaisir de faire du mal gratuitement. Ne dit-on pas , toujours avec le proverbe bemba, « uwalya akakwe tominwa mbila=celui qui a mangé un membre de sa progéniture, ne doit jamais être inquiété » ? En quoi ici la sorcellerie est un effet de la crise-morale ou un moyen d’y remédier ? Si, à la limite, dans ce cas, elle serait l’effet de la crise-morale, il n’est pas pour autant un moyen d’y remédier. La sorcellerie a sa propre logique qui dépasse parfois et non toujours l’explication sociologique, dialectique soit-elle.

Le réductionnisme rend aveugle. Chaque cas de sorcellerie est souvent différent d’un autre. Voilà pourquoi, l’explication du phénomène têtu de la sorcellerie demande la collaboration du THEOLOGIEN , du PHILOSOPHE, du PSYCHOLOGUE, du SOCIOLOGUE,  de l’ANTHROPOLOGUE, du PASTEUR, du SORCIER et de l’ENSORCELLE.

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Notre étude ne se contentera pas seulement de décrire le fait social (mariage), mais nous serons amené à expliquer les données empiriques et à leur donner un sens, car il y a toute une idéologie qui charrie ou dynamise le mariage. Et ce socle idéologique sur lequel se fonde le mariage doit être porté à la surface, car lui seul tisse le destin du mariage.

                                                             

            Pour ce faire, nous commencerons  par donner le milieu géographique et humain des Bahemba en général ; suivra la terminologie de parenté et de l’alliance chez les Bahemba. C’est après que nous parlerons du mariage coutumier comme processus dont la première étape est celle des fiançailles avec ses corollaires, allant de la préparation des jeunes en passant par les critères de choix et l’accord préalable des fiançailles pour aboutir à la pré-dot. La deuxième étape est constituée du versement de la dot et ses implications. La troisième étape est celle de la célébration du mariage constituée de différents moments.

 

            Le moment fort de notre travail se fera voir chaque fois que nous interviendrons pour signaler la place de la coutume dans tel acte ou mieux au moment où les représentations symboliques seront mises à jour, au moment où le champ idéologique sera le lieu des justifications, d’explications et de légitimation du mariage. Disons-le illico : le mariage traditionnel hemba est de l’ordre du sacré et du religieux. Nous tenterons, par ailleurs, de dresser un tableau d’interrelations entre les divers éléments de l’ensemble social de Bena-Mambwe où la coutume détermine en dernière échéance.

 

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