Professeur Abbé Louis Mpala

lundi 8 novembre 2021

PREFACE

De l’Homocentrisme à la philosophie de la culture

 

Préfacer un ouvrage, c’est le situer dans le contexte de sa production historique, social et culturel ; c’est aussi circonscrire ses enjeux théoriques et scientifiques dans le champ du savoir ; c’est enfin en tirer quelques leçons qu’enduit sa lecture.

L’ouvrage de Paul Messi apparait à un moment où l’humanité est confrontée à une crise sanitaire la plus aigüe de son histoire : la Covid-19. Cette pandémie, aux effets dévastateurs, a détruit de vies humaines et plongé l’humanité dans une angoisse profonde. Elle a paralysé toutes les économies du monde, surtout celles des pays pauvres, déjà mises en mal par les processus cumulés de la mondialisation et de la globalisation. Elle sévit partout et de partout à tel point qu’aujourd’hui l’humanité en appelle à la solidarité agissante sans tenir compte des appartenances raciales, religieuses et idéologiques. Alors endiguer la crise signifie faire appel à l’apport de tout homme là où il est, tel qu’il est, avec ce qu’il a comme tares et avatars. Cet élan de solidarité ne peut avoir pour nom et comme principe que l’Homocentrisme[1]. Voilà la première leçon que je tire de cet ouvrage.

         Paul Messi, en faisant graviter toute son argumentation autour de ce concept dans le cadre de la philosophie africaine, a bien compris la préoccupation du philosophe congolais Louis MPALA Mbabula. La singularité des expériences historiques diverses demeure une réalité incontournable, et qu’on peut tirer de chacune d’elles des normes d’intelligibilité susceptibles d’assurer, comme V.Y. Mubimbe l’a écrit, une complémentarité hominisante aux différentes catégories d’hommes. C’est là que Paul Messi rend pertinente cette idée du philosophe congolais : l’élévation de la philosophie doit se conjuguer avec le pronom personnel « JE » sans se diluer dans le NOUS collectif. Le JE est celui de la responsabilité et de son engagement singulier à la philosophie au pluriel, celle des discours pluriels, pour un discours qu’on appelle Philosophie.

         A travers cette philosophie mpalaéienne Paul Massi fait reposer le projet philosophique sur la pluralité des rationalités et des rationalités plurielles. L’universalisme philosophique et culturel que véhicule l’Occident est mis en crise. La philosophie africaine ne peut avoir pour aboutissement des conceptions du monde des penseurs européens ou autres, et ne peut pas prétendre que nous sommes [nous Africains] cet aboutissement. C’est pourquoi chez Louis MPALA Mbabula, la philosophie se comprend en termes de la vie qu’il faut vivre ; et que « tout vrai homme est sensé se poser des questions sur son existence ». Une vision totalement existentielle que Paul Messi fait découler de l’Homocentrisme. Voilà la deuxième leçon que je retiens de cet ouvrage.

         Véritable fil d’Ariane qui permet de pénétrer dans le labyrinthe de l’ouvrage philosophique de Louis Mpala Mbabula, l’Homocentrisme postule, sur le plan méthodologique, l’approche parémiologique, et celle dite des batterie-parémiologique, fondée sur la métaphore de l’Arbre. Ces deux approches ont pour objet les proverbes, la parémie. Paul Messi, à la suite d’Hubert Mono Ndjana, définit celle-ci comme un dépôt ou soubassement de la sagesse ancestrale. Louis Mpala Mbabula considère cette approche comme une des démarches idoines pour percer, à sa manière, le mystère que renferme la philosophie africaine. Partie fondamentale de la philosophie africaine, les proverbes, comme le fait voir Paul Messi, constituent une partie fondamentale de la culture africaine. Ils peuvent être compris dans un contexte où le niveau d’alphabétisation est faible et appréciés dans les milieux plus éduqués. Les proverbes sont aussi un outil, un instrument, qui peut aider les chercheurs en sciences humaines et sociales à comprendre le comportement de l’homme africain, le fonctionnement des organisations sociétales ainsi que politiques africaines. Par ses explications, Paul Messi nous a présenté cette approche parémiologique comme celle qui donne une nouvelle orientation en philosophie africaine, car, note-t-il à la suite de Louis Mpala Mbabula, les proverbes jouent plusieurs rôles dans la philosophie africaine : éduquer, argumenter et conseiller. Ils sont un anologon de la philosophie, c’est-à-dire ils transmettent la vérité qui permet d’atteindre le réel.

         Cette approche parémiologique peut jouer un rôle révolutionnaire, celui d’élever la philosophie africaine à un niveau qu’on peut situer dans une ontologie et anthropologie africaine que dans la philosophie proverbiale. Cette révolution parémiologique n’est possible qu’à partir des batteries parémiologiques, c’est-à-dire un ensemble des proverbes sur et à propos de l’arbre. L’arbre est mémoire d’un peuple.

         Pour le philosophe congolais Louis Mpala Mbabula, l’arbre symbolise l’homme, la sagesse provenant d’une expérience vécue et éprouvée. C’est pourquoi les anciens philosophes ont codifié l’éducation par l’arbre dans les proverbes. L’arbre est une leçon morale vivante pour chaque société, relevant d’une philosophie réaliste et empiriste. Cette métaphore de l’arbre nous renvoie au vitalisme qui traverse la philosophie romantique. Il s’agit de l’arbre de Taine qui, dans les Déracinés de Barrès, l’un des maîtres de Barrès montre, note Luc Ferry, en quel sens l’arbre est un modèle d’éducation. Pourquoi ? Parce que les feuilles, les rameaux, les branches, tout ça, commente-t-il, font partie d’une communauté. On peut aussi dire que l’arbre est symbole de nos traditions et des singularités culturelles. Et ce symbole est celui qu’incarnent nos communautés historiques et de destin. D’une manière incidentielle, l’ approche parémiologique et celle de batteries parémiologiques font inscrire l’œuvre de Louis Mpala Mbabula dans la suite de celle de Hans G. Gadamer qui, contre Les Lumières, a mis en échec les schémas hérités d’un Descartes, d’un Kant, d’un Hegel en réhabilitant la tradition et les préjugés. Nous appartenons à l’histoire, donc à une TRADITION, martèle Hans G. Gadamer et « nous nous tenons dans des traditions, que nous connaissons ces traditions ou non, que nous en soyons conscients ou non, ou que nous soyons si présomptueux que nous croyons pour commencer sans préjugés- tout cela ne change rien à l’action des traditions sur nous et notre compréhension »[2], insiste-t-il. H.G. Gadamer réhabilite, sans doute, des « préjugés légitimes » (condition de la compréhension[3]) qui ne sont pas à confondre aux préjugés  d’autorité et aux préjugés de précipitation.

         Le philosophe congolais, par l’approche parémiologique, a réhabilité la tradition en faisant du proverbe l’objet de la philosophie. Voilà la troisième leçon que je peux recevoir de l’ouvrage de Paul Messi.

         Ces trois leçons qui ressortent de l’ouvrage de Paul Messi se résument en termes d’une lutte idéologique qui  s’inscrit en faux contre l’ethnocentrisme sous ses diverses manifestations. Elles se résument aussi en termes de paradigme méthodologique rendu possible par l’approche méthodologique. Elles se résument, enfin, en termes de réhabilitation de nos traditions, de nos cultures comme objet d’étude en philosophie. Sur ce point, l’Homocentrisme se révèle être un principe directeur de toute entreprise herméneutique.

         Mais que faut-il penser de l’Homocentrisme ?

         L’Homocentrisme, ce concept mis en chantier par le philosophe Louis Mpala Mbabula, est un principe fondateur de toute entreprise humaine. Elle se réfère à l’identité humaine comme individualité et singularité historiques dans la réalisation d’un destin commun et communautaire. Ce concept se prête à toute situation de conflit, de crise, d’impasse théorique, et tant d’autres situations.

         Alors je peux dire, cette fois-ci, que si Paul Messi a consacré tout un ouvrage au philosophe congolais Louis Mpala Mbabula, ce n’est pas par indulgence excessive, mais par mérite : Louis Mpala Mbabula a fait sortir toute la philosophie, notamment la philosophie africaine, de l’impasse théorique et méthodologique[4].

Professeur  Jean Pierre KANKWENDA-ODIA

Docteur en philosophie

Université de Lubumbashi

30 juin 2021

 



[1] Cfr L. MPALA Mbabula, L’Homocentrisme par-delà l’eurocentrisme et l’afrocentrisme. Préface de Benoit AWAZI, Paris, Edilivre, 2018.

 

[2] H. G. GADAMER, dans C. DUTT  Herméneutique. Esthétique. Philosophie pratique. Dialogue avec Hans-Georg Gadamer, Quebec, Fides, 1998, p. 34-35.

[3] Cfr H. G. GADAMER, Vérité et méthode. Les grandes lignes d’une herméneutique philosophique, Paris, Seuil, 1976, p. 141. 

[4] Cfr L. MPALA Mbabula, Initiation à la philosophie africaine. Pour P. Tempels, Niamkey Koffi et P.J. Hountondji II, Lubumbashi /Chisinau, Ed. Mpala / Generis Publishing, 2020. Ce livre est à lire car il remet les pendules à l’heure en ce qui concerne la problématique de la philosophie africaine (son histoire, son statut, ses méthodes, ses courants, etc.).

 

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Préfacer un ouvrage, c’est le situer dans le contexte de sa production historique, social et culturel ; c’est aussi circonscrire ses enjeux théoriques et scientifiques dans le champ du savoir ; c’est enfin en tirer quelques leçons qu’enduit sa lecture.

L’ouvrage de Paul Messi apparait à un moment où l’humanité est confrontée à une crise sanitaire la plus aigüe de son histoire : la Covid-19. Cette pandémie, aux effets dévastateurs, a détruit de vies humaines et plongé l’humanité dans une angoisse profonde. Elle a paralysé toutes les économies du monde, surtout celles des pays pauvres, déjà mises en mal par les processus cumulés de la mondialisation et de la globalisation. Elle sévit partout et de partout à tel point qu’aujourd’hui l’humanité en appelle à la solidarité agissante sans tenir compte des appartenances raciales, religieuses et idéologiques. Alors endiguer la crise signifie faire appel à l’apport de tout homme là où il est, tel qu’il est, avec ce qu’il a comme tares et avatars. Cet élan de solidarité ne peut avoir pour nom et comme principe que l’Homocentrisme[1]. Voilà la première leçon que je tire de cet ouvrage.



[1] Cfr L. MPALA Mbabula, L’Homocentrisme par-delà l’eurocentrisme et l’afrocentrisme. Préface de Benoit AWAZI, Paris, Edilivre, 2018.

 



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lundi 14 décembre 2020

Malheureusement La RUSE DE LA COVID-19 ( Cf HEGEL) passerait pour un « KISOMO= Mauvais sort jeté sur quelqu’un », qui nous aveugle à ne pas tenir compte d’elle pendant que nous voyons nos proches mourir  et nous pousse à nous moquer des mesures de barrières afin de nous frapper encore plus.. Qui fait confiance en l’OMS qui crie nuit et jour pour le respect des mesures de barrière ? Ne la soupçonne pas d’être au service des multinationales pharmaceutiques et du dictat occidental ? N’est-ce pas là une RUSE de la COVID-19 pour nous frapper de son Epée ?

Malgré cela, La PEUR exprime bien la « terreur » que sème la COVID-19.  La peur dans laquelle nous fait vivre la COVID-19 est une captivité sans évasion, comme nous dit Louis Althusser et le malheur en est qu’au sein de cette prison il y a des murs entre les prisonniers : les frontières terrestres et aériennes sont fermées et pourtant nous sommes tous confrontés au destin de la peur. Oui, la fermeture des frontières a sa raison d’être :   Ce virus, au dire de J.D.SANCHEZ ESTOP, suit les routes des marchandises et du transport de personnes, car le virus qui n’est qu’information se diffuse avec une grande aisance entre les pays, entre les corps, dans les espaces publics, sur le corps des marchandises, poursuit SANCHEZ ESTOP et la Covid-19  est à l’affût là où les personnes se rencontrent dans la rue ou n’importe où. De ce fait, la peur de COVID-19 fait peur même à la personne qui veille sur la bombe atomique.

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PREFACE

Le savoir-être d’Épicure, maintenant et encore

 

Au regard de la lisibilité, de la pertinence et de la solidité argumentative de l’ouvrage du professeur abbé Louis Mpala Mbabula, je me suis longtemps demandé à quoi servirait une préface, si tant est que cet oripeau discursif que l’on place au frontispice d’un texte est censé le présenter et le recommander. Mais le collègue n’a pas cédé à mes atermoiements, même quand j’ai dû, pour me rebiffer, arguer que je ne suis pas philosophe de formation. « Mon frère, m’a-t-il rétorqué, votre préface est celle de la personne qui comprend le sens d’être des désirs dont parle Épicure. Même si vous n’avez pas un doctorat en philosophie, votre texte sera le bienvenu. Merci pour l’information, qui ne change pas la considération que j’ai pour vous ». Ce mot amical et sincère m’a décidé à écrire ce qui suit, même si je reste convaincu que le texte de mon collègue se recommande lui-même et reste à la portée de tout le monde.

 

Tout, ou presque, a été dit sur la pandémie de Covid-19 toujours en pleine expansion, malgré quelques mois de rémission, depuis son irruption dans notre quotidien à la fin de l’année 2019. Des inlassables mises en garde du corps médical aux élucubrations oiseuses des spécialistes du dimanche qui écument l’agora médiatique mondiale, en passant par les discours scientifiques et les politiques étatiques de régulation de la société, il n’est pas un seul domaine de la vie publique qui ne se soit prononcé dans l’« affaire ». Dans ce concert de voix dissonantes, aux voies souvent si divergentes, les philosophes se font discrets, presque aphones ou, si l’on veut être honnête, ils ne parviennent pas encore à se faire entendre, à défaut de se faire écouter.

 

Mais avec l’essai de l’abbé Louis Mpala Mbabula, Apprendre à vivre et à mourir en temps de la Covid-19, nous entendons pourtant une voix claire, qui force à l’écoute, parce qu’elle indique justement une voie nette, dans la mêlée planétaire actuelle contre la Covid-19. En ces temps complexes, en effet, l’abbé Louis Mpala,

Professeur ordinaire de philosophie à l’université de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo (RDC), nous invite à méditer les enseignements d’Épicure, pour apprendre à jouir pleinement de la vie présente et à mourir dans la paix.

 

Tout au long de ce petit ouvrage méticuleusement écrit, d’une dense clarté et d’une agréable lisibilité, l’auteur livre une exégèse chirurgicale et personnalisée de la doctrine philosophique d’Épicure, telle qu’elle se trouve dans la « Lettre à Ménécée », avec pour but avoué d’en réactualiser le message à l’adresse de ses contemporains et des générations à venir qui, tous, ne pourront plus ignorer la réalité de la Covid-19. L’irruption de cette pandémie dans le cours de l’Histoire mondiale, ces derniers temps éprouvée par moult convulsions tragiques, a profondément modifié notre rapport à la vie et à la mort, bouleversant par le fait même nos champs de représentation et remuant outrageusement le magma du trou noir de nos peurs ataviques.

 

Devant l’urgence de réinventer notre présent et notre avenir, de ré-imaginer notre relation avec l’altérité et avec la nature, et de penser à nouveaux frais notre être-au-monde en tant qu’Étants pensants, le professeur Louis Mpala nous propose de revenir à Épicure, « apôtre », s’il en fût, de l’eudémonisme, depuis tant de siècles conspué et qui pourtant n’a jamais cessé de nous parler. Face à la Covid-19 et aux bouleversements qu’elle induit dans notre quotidien, il faut se laisser instruire par Épicure pour apprendre à vivre intensément et à mourir dignement. Comme en – 306 lorsqu’il fonda son Ecole pour affronter la crise qui secouait alors la Cité athénienne, et répondre au prestige incontesté de l’Académie de Platon et du Lycée d’Aristote, Épicure nous donne à penser face à la crise sanitaire qui secoue le monde entier en ce 21e siècle, une crise sévère, rendue encore plus complexe par les impérities politiques, les cacophonies des « oracles » scientifiques et le populisme des prophétismes séducteurs.

 

L’essayiste réhabilite alors, non sans nuances subtiles (notamment la conception épicurienne de la divinité, de même les sophismes au sujet de la mort),

une figure et une doctrine philosophiques souvent vouées aux gémonies à la hâte. Dans le même mouvement, il redore le blason la pratique philosophique elle-même, non seulement en tant que questionnement critique du Réel et des phénomènes pour en sonder les sens cachés, mais surtout comme manière de vivre, telle que l’appréhendaient Épicure et la plupart des auteurs de l’Antiquité. D’où l’urgence vitale, celle de philosopher, c’est-à-dire de « travailler à la santé de l’âme » qui, dans la pensée d’Épicure, implique celle du corps pour garantir « la perfection même de la vie heureuse ».

 

Il faut donc méditer, prescrit Épicure à son disciple Ménécée, sur les causes  du bonheur, de cette « vie heureuse », dont la quête fonde l’agir de tout humain, en discriminant les désirs primitifs et conformes à la nature de ceux qui s’écartent des besoins nécessaires. C’est ici que la tétrathérapie épicurienne prend tout son sens, en ce qu’elle nous met en garde contre la peur de la mort et des dieux qui n’auraient aucune influence sur la vie des individus, et qu’elle nous conforte dans la possibilité du bonheur et la facilité à supporter le malheur. Plus qu’on y pense, cette diète reste valable, pour aujourd’hui et pour demain. Seule la philosophie peut nous apprendre à bien vivre et à bien mourir, grâce notamment à l’application aux exercices spirituels propres à procurer le bonheur (eudaimonia) et empêcher le malheur. Pour Épicure, nous rappelle avec à-propos l’auteur de cet opuscule, la recherche du plaisir comme but de la vie ne consiste pas en la satisfaction orgiaque de tous les désirs, mais bien de ceux qui assurent au sujet désirant la « plénitude de contentement », tout en lui évitant les désagréments dus à l’excès et à la superfluité. N’en déplaise à ses pourfendeurs les plus acharnés, Épicure professe sa philosophie éthique comme une vie de plaisir ascétique et vertueuse. Pour le sage, qu’il nous convie d’être, ce n’est pas la (longue) vie, mais sa qualité (intensité) qui compte, et « le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un ». Toute l’éthique du choix de la vie repose ainsi sur la prudence, « le plus grand des biens » et la « source des toutes les vertus », qu’Épicure lui-même place au-dessus de la philosophie.

Ce petit exercice de rachat d’Épicure, à la fois discours sur la philosophie (au sens des Sceptiques) et philosophie à part entière, est assez risqué, au vu des condamnations séculaires, les unes plus virulentes que les autres, du philosophe grec. Mais le philosophe Louis Mpala mène ici avec succès une analyse finement nuancée de la pensée tant querellée, dans un texte étonnant de simplicité, de précision et de fulgurance gnomique, à la portée de tous et de chacun, et où il réaffirme l’Homocentrisme, ce paradigme qui parcourt comme un fil rouge ses principaux travaux. En cela, il reste fidèle à Épicure qui, contrairement à Platon interdisant l’accès de son Académie aux non-géomètres, ouvrait grandes les portes de son Jardin, donc de la philosophie, à tous les âges sans distinction de classe, de sexe, ni de fortune.

 

À l’heure de l’Anthropocène, période géologique actuelle où les activités de l’homme impactent plus durablement (et négativement la Terre) et dont les scientifiques situent l’avènement dès la deuxième moitié du 20e siècle, l’épicurisme véritable (non celui qui est ridiculement caricaturé), peut être une voie alternative à l’égoïsme majoritaire, à l’insouciance jouissive, à l’indiscipline ambiants, aux comportements de déni de la réalité, aux superstitions exacerbées par des pseudo-prophétismes, au scepticisme (parfois justifié) face aux contradictions des spécialistes mais aux conséquences dramatiques, etc. Cette doctrine peut contribuer à rééquilibrer les rapports entre les humains et la nature pour le bien de tous. Si, comme le prescrit Épicure, le bonheur est le but de la vie, lui-même étant la réalisation de la paix du corps (aponie) et celle de l’âme (ataraxie), l’homme, aujourd’hui et demain plus encore qu’hier, doit vivre en harmonie parfaite avec la nature, et viser cette interdépendance cosmique qui seule est garante de la survie de toutes les espèces. Dans ses Méditations en tant de crise (1624), le poète et prédicateur anglais, John Donne, énonçait déjà cette vérité : « Nous ne sommes pas des îles » ; ce que, trois siècles plus tard, Virginia Woolf, reprend : en tant que gouttes d’eau, nous faisons partie de l’océan ; l’océan n’existe que parce que nous existons, et vice-versa.

 Au lieu donc de poursuivre aveuglement l’odyssée initiée par Francis Bacon et magnifiée par René Descartes pour faire de nous des « maîtres et possesseurs de la nature », et dont les dérives ont plutôt fait de nous des bourreaux et des prédateurs de la Terre, l’homme doit cultiver l’autarcie, qui favorise la connaissance de soi, la rupture des chaînes de dépendance au luxe, et la suffisance à soi, toutes choses que les confinements, les « reconfinements », les bouclages, les couvre-feux et leurs cortèges de restrictions nous imposent aujourd’hui. D’un style limpide, sobre et d’une force entraînante irrésistible propre à la protreptique (exhortation), le texte du professeur abbé Louis Mpala Mbabula condense élégamment en quelques mots l’essence de la pensée d’Épicure, et se lit d’une seule trotte ; cette qualité de concision et de précision propre à la pédagogie dont se réclame le texte donne la soif au lecteur de revenir sur ses pas ou, devrais-je plutôt dire, sur ses lignes, pour savourer les délices d’une éthique de la modération et de la responsabilité vis-à-vis de soi, des autres et de la planète tout entière. Cette éthique se fonde sur le « raisonnement vigilent », c’est-à-dire la prudence, source de toutes les autres vertus, qui aujourd’hui est traduite, bien que partiellement, dans les mesures barrières contre la propagation de la Covid-19 : port du masque, distanciation physique, lavage des mains, éternuement dans le coude, interdictions de regroupements, etc. que nous devons respecter. En matière de sécurité, dit-on, il vaut mieux pécher par excès de prudence que par négligence.

En prenant le prétexte d’une relecture personnelle d’Épicure, le philosophe vient donc nous rappeler qu’il nous faut désormais vivre autrement, dans un monde qui n’est plus et ne sera plus jamais le même. Et ce message, actuel, s’adresse à tous et à toutes, ici ou ailleurs.

Jean Claude Abada Medjo, poète.

Université de Maroua

Maître de conférences en littératures française, francophone et comparée

Sous-Directeur au Bureau de la Diplômation et d’Authentification au Ministère de l’Enseignement Supérieur / Cameroun


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PREFACE

Le savoir-être d’Épicure, maintenant et encore

 

Au regard de la lisibilité, de la pertinence et de la solidité argumentative de l’ouvrage du professeur abbé Louis Mpala Mbabula, je me suis longtemps demandé à quoi servirait une préface, si tant est que cet oripeau discursif que l’on place au frontispice d’un texte est censé le présenter et le recommander. Mais le collègue n’a pas cédé à mes atermoiements, même quand j’ai dû, pour me rebiffer, arguer que je ne suis pas philosophe de formation. « Mon frère, m’a-t-il rétorqué, votre préface est celle de la personne qui comprend le sens d’être des désirs dont parle Épicure. Même si vous n’avez pas un doctorat en philosophie, votre texte sera le bienvenu. Merci pour l’information, qui ne change pas la considération que j’ai pour vous ». Ce mot amical et sincère m’a décidé à écrire ce qui suit, même si je reste convaincu que le texte de mon collègue se recommande lui-même et reste à la portée de tout le monde.

 

Tout, ou presque, a été dit sur la pandémie de Covid-19 toujours en pleine expansion, malgré quelques mois de rémission, depuis son irruption dans notre quotidien à la fin de l’année 2019. Des inlassables mises en garde du corps médical aux élucubrations oiseuses des spécialistes du dimanche qui écument l’agora médiatique mondiale, en passant par les discours scientifiques et les politiques étatiques de régulation de la société, il n’est pas un seul domaine de la vie publique qui ne se soit prononcé dans l’« affaire ». Dans ce concert de voix dissonantes, aux voies souvent si divergentes, les philosophes se font discrets, presque aphones ou, si l’on veut être honnête, ils ne parviennent pas encore à se faire entendre, à défaut de se faire écouter.

 

Mais avec l’essai de l’abbé Louis Mpala Mbabula, Apprendre à vivre et à mourir en temps de la Covid-19, nous entendons pourtant une voix claire, qui force à l’écoute, parce qu’elle indique justement une voie nette, dans la mêlée planétaire actuelle contre la Covid-19. En ces temps complexes, en effet, l’abbé Louis Mpala,

Professeur ordinaire de philosophie à l’université de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo (RDC), nous invite à méditer les enseignements d’Épicure, pour apprendre à jouir pleinement de la vie présente et à mourir dans la paix.

 

Tout au long de ce petit ouvrage méticuleusement écrit, d’une dense clarté et d’une agréable lisibilité, l’auteur livre une exégèse chirurgicale et personnalisée de la doctrine philosophique d’Épicure, telle qu’elle se trouve dans la « Lettre à Ménécée », avec pour but avoué d’en réactualiser le message à l’adresse de ses contemporains et des générations à venir qui, tous, ne pourront plus ignorer la réalité de la Covid-19. L’irruption de cette pandémie dans le cours de l’Histoire mondiale, ces derniers temps éprouvée par moult convulsions tragiques, a profondément modifié notre rapport à la vie et à la mort, bouleversant par le fait même nos champs de représentation et remuant outrageusement le magma du trou noir de nos peurs ataviques.

 

Devant l’urgence de réinventer notre présent et notre avenir, de ré-imaginer notre relation avec l’altérité et avec la nature, et de penser à nouveaux frais notre être-au-monde en tant qu’Étants pensants, le professeur Louis Mpala nous propose de revenir à Épicure, « apôtre », s’il en fût, de l’eudémonisme, depuis tant de siècles conspué et qui pourtant n’a jamais cessé de nous parler. Face à la Covid-19 et aux bouleversements qu’elle induit dans notre quotidien, il faut se laisser instruire par Épicure pour apprendre à vivre intensément et à mourir dignement. Comme en – 306 lorsqu’il fonda son Ecole pour affronter la crise qui secouait alors la Cité athénienne, et répondre au prestige incontesté de l’Académie de Platon et du Lycée d’Aristote, Épicure nous donne à penser face à la crise sanitaire qui secoue le monde entier en ce 21e siècle, une crise sévère, rendue encore plus complexe par les impérities politiques, les cacophonies des « oracles » scientifiques et le populisme des prophétismes séducteurs.

 

L’essayiste réhabilite alors, non sans nuances subtiles (notamment la conception épicurienne de la divinité, de même les sophismes au sujet de la mort),

une figure et une doctrine philosophiques souvent vouées aux gémonies à la hâte. Dans le même mouvement, il redore le blason la pratique philosophique elle-même, non seulement en tant que questionnement critique du Réel et des phénomènes pour en sonder les sens cachés, mais surtout comme manière de vivre, telle que l’appréhendaient Épicure et la plupart des auteurs de l’Antiquité. D’où l’urgence vitale, celle de philosopher, c’est-à-dire de « travailler à la santé de l’âme » qui, dans la pensée d’Épicure, implique celle du corps pour garantir « la perfection même de la vie heureuse ».

 

Il faut donc méditer, prescrit Épicure à son disciple Ménécée, sur les causes  du bonheur, de cette « vie heureuse », dont la quête fonde l’agir de tout humain, en discriminant les désirs primitifs et conformes à la nature de ceux qui s’écartent des besoins nécessaires. C’est ici que la tétrathérapie épicurienne prend tout son sens, en ce qu’elle nous met en garde contre la peur de la mort et des dieux qui n’auraient aucune influence sur la vie des individus, et qu’elle nous conforte dans la possibilité du bonheur et la facilité à supporter le malheur. Plus qu’on y pense, cette diète reste valable, pour aujourd’hui et pour demain. Seule la philosophie peut nous apprendre à bien vivre et à bien mourir, grâce notamment à l’application aux exercices spirituels propres à procurer le bonheur (eudaimonia) et empêcher le malheur. Pour Épicure, nous rappelle avec à-propos l’auteur de cet opuscule, la recherche du plaisir comme but de la vie ne consiste pas en la satisfaction orgiaque de tous les désirs, mais bien de ceux qui assurent au sujet désirant la « plénitude de contentement », tout en lui évitant les désagréments dus à l’excès et à la superfluité. N’en déplaise à ses pourfendeurs les plus acharnés, Épicure professe sa philosophie éthique comme une vie de plaisir ascétique et vertueuse. Pour le sage, qu’il nous convie d’être, ce n’est pas la (longue) vie, mais sa qualité (intensité) qui compte, et « le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un ». Toute l’éthique du choix de la vie repose ainsi sur la prudence, « le plus grand des biens » et la « source des toutes les vertus », qu’Épicure lui-même place au-dessus de la philosophie.

Ce petit exercice de rachat d’Épicure, à la fois discours sur la philosophie (au sens des Sceptiques) et philosophie à part entière, est assez risqué, au vu des condamnations séculaires, les unes plus virulentes que les autres, du philosophe grec. Mais le philosophe Louis Mpala mène ici avec succès une analyse finement nuancée de la pensée tant querellée, dans un texte étonnant de simplicité, de précision et de fulgurance gnomique, à la portée de tous et de chacun, et où il réaffirme l’Homocentrisme, ce paradigme qui parcourt comme un fil rouge ses principaux travaux. En cela, il reste fidèle à Épicure qui, contrairement à Platon interdisant l’accès de son Académie aux non-géomètres, ouvrait grandes les portes de son Jardin, donc de la philosophie, à tous les âges sans distinction de classe, de sexe, ni de fortune.

 

À l’heure de l’Anthropocène, période géologique actuelle où les activités de l’homme impactent plus durablement (et négativement la Terre) et dont les scientifiques situent l’avènement dès la deuxième moitié du 20e siècle, l’épicurisme véritable (non celui qui est ridiculement caricaturé), peut être une voie alternative à l’égoïsme majoritaire, à l’insouciance jouissive, à l’indiscipline ambiants, aux comportements de déni de la réalité, aux superstitions exacerbées par des pseudo-prophétismes, au scepticisme (parfois justifié) face aux contradictions des spécialistes mais aux conséquences dramatiques, etc. Cette doctrine peut contribuer à rééquilibrer les rapports entre les humains et la nature pour le bien de tous. Si, comme le prescrit Épicure, le bonheur est le but de la vie, lui-même étant la réalisation de la paix du corps (aponie) et celle de l’âme (ataraxie), l’homme, aujourd’hui et demain plus encore qu’hier, doit vivre en harmonie parfaite avec la nature, et viser cette interdépendance cosmique qui seule est garante de la survie de toutes les espèces. Dans ses Méditations en tant de crise (1624), le poète et prédicateur anglais, John Donne, énonçait déjà cette vérité : « Nous ne sommes pas des îles » ; ce que, trois siècles plus tard, Virginia Woolf, reprend : en tant que gouttes d’eau, nous faisons partie de l’océan ; l’océan n’existe que parce que nous existons, et vice-versa.

 Au lieu donc de poursuivre aveuglement l’odyssée initiée par Francis Bacon et magnifiée par René Descartes pour faire de nous des « maîtres et possesseurs de la nature », et dont les dérives ont plutôt fait de nous des bourreaux et des prédateurs de la Terre, l’homme doit cultiver l’autarcie, qui favorise la connaissance de soi, la rupture des chaînes de dépendance au luxe, et la suffisance à soi, toutes choses que les confinements, les « reconfinements », les bouclages, les couvre-feux et leurs cortèges de restrictions nous imposent aujourd’hui. D’un style limpide, sobre et d’une force entraînante irrésistible propre à la protreptique (exhortation), le texte du professeur abbé Louis Mpala Mbabula condense élégamment en quelques mots l’essence de la pensée d’Épicure, et se lit d’une seule trotte ; cette qualité de concision et de précision propre à la pédagogie dont se réclame le texte donne la soif au lecteur de revenir sur ses pas ou, devrais-je plutôt dire, sur ses lignes, pour savourer les délices d’une éthique de la modération et de la responsabilité vis-à-vis de soi, des autres et de la planète tout entière. Cette éthique se fonde sur le « raisonnement vigilent », c’est-à-dire la prudence, source de toutes les autres vertus, qui aujourd’hui est traduite, bien que partiellement, dans les mesures barrières contre la propagation de la Covid-19 : port du masque, distanciation physique, lavage des mains, éternuement dans le coude, interdictions de regroupements, etc. que nous devons respecter. En matière de sécurité, dit-on, il vaut mieux pécher par excès de prudence que par négligence.

En prenant le prétexte d’une relecture personnelle d’Épicure, le philosophe vient donc nous rappeler qu’il nous faut désormais vivre autrement, dans un monde qui n’est plus et ne sera plus jamais le même. Et ce message, actuel, s’adresse à tous et à toutes, ici ou ailleurs.

Jean Claude Abada Medjo, poète.

Université de Maroua

Maître de conférences en littératures française, francophone et comparée

Sous-Directeur au Bureau de la Diplômation et d’Authentification au Ministère de l’Enseignement Supérieur / Cameroun


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mercredi 15 juillet 2020

Le monde bouge et il a toujours bougé. Qui en est l’auteur ou le SUJET ? Est-ce Dieu YHWH, la NATURE, l’ESPRIT ou la RAISON, le PROLETARIAT, tous les HOMMES CONCRETS ou l’INCONNU ? Notre vie a-t-elle un SENS ? SENS comme DIRECTION ou SENS comme SIGNIFICATION ? Est-ce l’HOMME CONCRET qui donne un SENS à son EXISTENCE  ou une INSTANCE qui lui est EXTERIEURE comme DIEU YHWH, la NATURE, la RAISON, le DIEU COSMIQUE, SATAN LUCIFER ou un INCONNU ? Pourquoi la SOUFFRANCE, les GUERRES, les EPIDEMIES et les PANDEMIES sur la TERRE ? Pourquoi L’HOMME CONCRET semble-t-il avoir quelques HEURES de BONHEUR sur la TERRE ? Faut-il se tourner vers la théorie de la REINCARNATION / SAMSÂRA / TRANSMIGRATION pour expliquer tout ce qui nous arrive dans notre vie comme MALHEUR OU JOIE ou faut-il se tourner vers l’HOMME CONCRET libre et responsable de tout ce qui lui arrive ? Que dire des RÊVES PREMONITOIRES ? Et puisque ces derniers existent, quelle est la PART de l’HOMME CONCRET en tout ce qui lui arrive ? La vie n’a-t-elle pas, en dernière analyse, une PART MYSTERIEUSE qui échappe à l’HOMME CONCRET et qui a contraint certains philosophes, en l’occurrence les STOÏCIENS, à dire que dans la vie il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous ?

Toutes ces questions et tant d’autres que je n’ai pas posées conduisent certaines personnes à croire en DIEU YHWH-JESUS-CHRIST- SAINT ESPRIT, en ALLAH, en BRAHNAM-VISHNOU-SHIVA, en SATAN LUCIFER ou en une ENTITE MYSTIQUE (cf. les Sociétés secrètes, etc.) pour avoir des réponses et d’autres choisissent l’ATHEISME.

Et voilà la COVID-19 qui apparaît, bouscule TOUT, fait respirer la NATURE (écosystème) sans recourir aux différente COP, aux sanctions, à la publicité. Par peur de la mort, l’HOMME CONCRET se confine ou se fait confiner pendant que les animaux, les insectes, les plantes, les poissons et tout ce que les « eaux » contiennent, etc. ne se « confinent » pas. L’HOMME CONCRET « semble » comprendre qu’il a toujours été FRAGILE et qu’il peut « disparaître » de la TERRE et laisser celle-ci comme la TORTUE meurt en laissant sa CARAPACE.

Je ne saurais pas répondre à toutes ces questions et ne voulant pas avancer MASQUE, je décline mon Identité religieuse : je crois en DIEU YHW le Père, en  Dieu JESUS-CHRIST son Fils et en Dieu ESPRIT SAINT le Consolateur. Une mise au point : tout philosophe, Athée soit-il, a toujours son présupposé existentiel ( qui nous influence dans nos prises de décision ou choix philosophiques) donnant sens à son existence et à partir duquel il philosophe. Il philosophe toujours à partir d’un Lieu théorique et pratique donné en me référant au deuxième paragraphe de mon texte.

Puisqu’il faut choisir par où il faut commencer pour réfléchir sur la COVID-19, je partirai de la Philosophie de l’Histoire ou de la conception philosophique que je fais de l’Histoire et je dois d’ores et déjà dire que ma conception est une parmi tant d’autres ; de ce fait, elle se soumet à l’appréciation d’autres personnes. Ma conception ne donnera que quelques pistes ou éléments de réponses à certaines questions que je me suis posées. Cependant je tiens, avant, tout à exposer brièvement la philosophie de l’Histoire de Kant, de Hegel et de Marx avant de proposer la mienne. Loin de moi de m’écarter de mon titre.

La COVID-19 me permet de revisiter quelques philosophies de l’Histoire dont celles de Kant, de Hegel, de Marx-Engels et de Louis Mpala.

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Le monde bouge et il a toujours bougé. Qui en est l’auteur ou le SUJET ? Est-ce Dieu YHWH, la NATURE, l’ESPRIT ou la RAISON, le PROLETARIAT, tous les HOMMES CONCRETS ou l’INCONNU ? Notre vie a-t-elle un SENS ? SENS comme DIRECTION ou SENS comme SIGNIFICATION ? Est-ce l’HOMME CONCRET qui donne un SENS à son EXISTENCE  ou une INSTANCE qui lui est EXTERIEURE comme DIEU YHWH, la NATURE, la RAISON, le DIEU COSMIQUE, SATAN LUCIFER ou un INCONNU ? Pourquoi la SOUFFRANCE, les GUERRES, les EPIDEMIES et les PANDEMIES sur la TERRE ? Pourquoi L’HOMME CONCRET semble-t-il avoir quelques HEURES de BONHEUR sur la TERRE ? Faut-il se tourner vers la théorie de la REINCARNATION / SAMSÂRA / TRANSMIGRATION pour expliquer tout ce qui nous arrive dans notre vie comme MALHEUR OU JOIE ou faut-il se tourner vers l’HOMME CONCRET libre et responsable de tout ce qui lui arrive ? Que dire des RÊVES PREMONITOIRES ? Et puisque ces derniers existent, quelle est la PART de l’HOMME CONCRET en tout ce qui lui arrive ? La vie n’a-t-elle pas, en dernière analyse, une PART MYSTERIEUSE qui échappe à l’HOMME CONCRET et qui a contraint certains philosophes, en l’occurrence les STOÏCIENS, à dire que dans la vie il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous ?

Toutes ces questions et tant d’autres que je n’ai pas posées conduisent certaines personnes à croire en DIEU YHWH-JESUS-CHRIST- SAINT ESPRIT, en ALLAH, en BRAHNAM-VISHNOU-SHIVA, en SATAN LUCIFER ou en une ENTITE MYSTIQUE (cf. les Sociétés secrètes, etc.) pour avoir des réponses et d’autres choisissent l’ATHEISME.

Et voilà la COVID-19 qui apparaît, bouscule TOUT, fait respirer la NATURE (écosystème) sans recourir aux différente COP, aux sanctions, à la publicité. Par peur de la mort, l’HOMME CONCRET se confine ou se fait confiner pendant que les animaux, les insectes, les plantes, les poissons et tout ce que les « eaux » contiennent, etc. ne se « confinent » pas. L’HOMME CONCRET « semble » comprendre qu’il a toujours été FRAGILE et qu’il peut « disparaître » de la TERRE et laisser celle-ci comme la TORTUE meurt en laissant sa CARAPACE.

Je ne saurais pas répondre à toutes ces questions et ne voulant pas avancer MASQUE, je décline mon Identité religieuse : je crois en DIEU YHW le Père, en  Dieu JESUS-CHRIST son Fils et en Dieu ESPRIT SAINT le Consolateur. Une mise au point : tout philosophe, Athée soit-il, a toujours son présupposé existentiel ( qui nous influence dans nos prises de décision ou choix philosophiques) donnant sens à son existence et à partir duquel il philosophe. Il philosophe toujours à partir d’un Lieu théorique et pratique donné en me référant au deuxième paragraphe de mon texte.

Puisqu’il faut choisir par où il faut commencer pour réfléchir sur la COVID-19, je partirai de la Philosophie de l’Histoire ou de la conception philosophique que je fais de l’Histoire et je dois d’ores et déjà dire que ma conception est une parmi tant d’autres ; de ce fait, elle se soumet à l’appréciation d’autres personnes. Ma conception ne donnera que quelques pistes ou éléments de réponses à certaines questions que je me suis posées. Cependant je tiens, avant, tout à exposer brièvement la philosophie de l’Histoire de Kant, de Hegel et de Marx avant de proposer la mienne. Loin de moi de m’écarter de mon titre.

La COVID-19 me permet de revisiter quelques philosophies de l’Histoire dont celles de Kant, de Hegel, de Marx-Engels et de Louis Mpala.

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dimanche 28 juin 2020

Si la violence, comme le souligne Pierre Karli, est « une notion générique et descriptive qui regroupe un ensemble très diversifié d’attitudes et de comportement dont les origines et la signification sont, elles aussi, d’une extrême diversité », il va s’en dire que la logophagie est à proscrire et l’interdisciplinarité/Transdisciplinarité est à promouvoir. Ainsi serons-nous à même d’aborder, avec sérénité, certaines questions : peut-on parler de la nature humaine sans nier la culture ? Existe-t-il une nature humaine ?

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samedi 11 janvier 2020

Le sous-titre, Pour P. Tempels, Niamkey Koffi et P. J. Hountondji II, a son sens d’être. Les trois figures, selon moi, marquent la philosophie africaine contemporaine. Malheureusement, les gens qui parlent d’eux ne savent pas que La philosophie bantu de P. Tempels a été mal traduite. Smet nous permet de découvrir un autre Tempels. Niamkey Koffi, en publiant en 2018 ses anciennes critiques contre P. J. Hountondji, nous contraint à ne pas, de nos jours, faire un pas en arrière quand on parle de la philosophie africaine. P. J. Hountondji II, à travers ses nouveaux ecrits, nous apprend à tenir à nos positions aussi longtemps que personne ne nous a convaincu. Par ailleurs, il nous enseigne l’humilité scientifique, celle de rebrousser chemin et de reconnaitre ses erreurs antérieures. Ainsi, avec P. J. Hountondji II, la philosophie africaine a une nouvelle trajectoire et beaucoup de philosophes africains n’ont pas attendu P. J. Hountondji II « pour philosopher autrement ». Ces trois figures me semblent incontournables et nous leur devons du respect. Ce livre leur est consacré et toute personne qui enseigne ou s’intéresse à la philosophie africaine doit s’interdire de répeter les « erreurs » sur P. Tempels et Hountondji. Evoluons avec l’histoire de la philosophiie africaine et avec les philosophes africains.

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mercredi 29 mai 2019

SAVOIR ET ETRE

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Louis MPALA Mbabula

Marcel NGANDU Mutombo

 

 

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR DOCTORANT

Description : E:\DCIM\125D7100\DSC_7371.JPG

 

 

 

Editions MPALA

www.louis-mpala.com

 

 

Notre livre se veut un guide méthodologique. Il ne remplace pas un professeur, mais il ne peut guider que celui ou celle qui le prend pour une « boussole » et qui s’engage à suivre la direction indiquée.

Notre but sera atteint quand un chercheur ou un-e doctorant-e aura dit que ce livre l’a réellement aidé-e à parfaire ses recherches et à produire un travail scientifique accepté par sa communauté scientifique

 

 

 

 

 

 

Louis MPALA Mbabula est Docteur en Philosophie de l’Université de Lubumbashi et Professeur Ordinaire à l’Université de Lubumbashi. Auteur  de plusieurs écrits scientifiques et Prêtre du diocèse de Kilwa-Kasenga, Louis Mpala Mbabula a pour domaines de recherche Le matérialisme historique, La mondialisation /Altermondiamisme, La postmodernité, La philosophie de l’Histoire, La philosophie africaine et la méthodologie de la recherche scientifique.Contact : abbelouismpala@gmail.com  www.louis-mpala.com

Marcel  NGANDU Mutombo est PhD en Sciences historiques de l’Université de Laval et Professeur Ordinaire à l’Université de Lubumbashi. Auteur de plusieurs écrits scientifiques, Marcel Ngandu Mutombo a pour domaines de recherche Le genre et la méthodologie de la recherche scientifique

La  photo est de Jonathan KAMUNGA

ISBN  978-2-37959-001-6

EAN  9782379590016

 

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La Philosophie négro-africaine en marche

Par Sous la direction de Louis Mpala Mbabula

Prix de vente public :
  • 18,50 € en livre papier
  • 4,99 € en téléchargement
Résumé :

La philosophie négro-africaine est toujours en marche depuis que les Négro-africains existent, car, comme le faisait remarquer Platon, la philosophie existe puisque l’homme existe et si la philosophie est fille de l’étonnement, ce dernier est propre à tout être humain, de tout continent et de toute race. Et pourtant, il n’y a qu’une seule race : la race humaine. Le reste, à notre avis, relève de l’idéologie. Pour contribuer à l’œuvre monumentale du philosophe Hubert Mono Ndjana, le Cercle philosophique de Lubumbashi (CPLU) a pris la résolution de dialoguer avec Hubert autour de la philosophie négro-africaine. Essai d’une présentation générale. Les philosophes africains sont invités à dialoguer en croisant leurs regards.

Thème : Philosophie / Sociologie

Nombre de pages : 240

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782414337897

ISBN livre téléchargement : 9782414337903

Date de publication : 03/05/2019

 

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jeudi 8 novembre 2018

Mon ouvrage se veut une réflexion sur notre histoire et cette réflexion est d’ordre philosophique ; en d’autres termes, ma réflexion relève de la philosophie de l’histoire. L’histoire humaine est toujours interprétée afin de découvrir son sens, sens au sens de direction et de signification. Les gens se posent les questions suivantes : Avec tout ce que nous vivons, allons-nous ? Quelle est la signification de tout ce qui arrive et nous arrive ? En outre, les gens cherchent ou s’interrogent sur le moteur de l’histoire : Qu’est-ce qui fait que les choses se passent ainsi et non autrement ? Autrement dit, quel est l’élément explicatif qui fait que notre histoire (monde) suive cette trajectoire et non une autre ? Par ailleurs, l’on cherche à découvrir les vrais acteurs de notre histoire : Qui est le sujet de l’histoire ? Qui sont les vrais acteurs de tout ce qui se passe dans l’histoire (monde) ? Sont-ce les hommes ? Est-ce Dieu ? Est-ce un être mystérieux comme l’Idée ou la Raison ? Est-ce la Nature ?

À la différence de l’animal, l’homme cherche à réfléchir sur sa propre vie, sa propre histoire.

À mon humble avis, chaque philosophie de l’histoire est aussi une narration du monde. Or le Matérialisme historique, la Mondialisation, l’Altermondialisme et la Postmodernité sont quatre optiques actuellement très en vues pour comprendre le monde. Après avoir pris acte de cela, je prends position en pensant que les approches actuellement disponibles ont toutes vieillies. C’est pourquoi, je propose une cinquième narration du monde, que j’appelle volontiers le Prosôponisme, et comme on reconnaît un philosophe, selon Deleuze, par des concepts, ce néologisme de ma plume exprime l’importance accordée à la démocratie participative.

Mon intention est claire et importante. Jusqu’à récemment, on avait  souvent essayé de réagir au capitalisme en se fondant sur le Matérialisme historique qui est la conception matérialiste de l’histoire. Cette narration du monde est née dans le contexte dominé par la Modernité prônant l’idée de progrès et prêchant l’universalisme qui correspond à l’uniformisation. L’idée de progrès entraîna la révolution scientifique qui portera des fruits dont la révolution industrielle. De la sorte, la Modernité transformera la vie sociale (naissance des inégalités), la pratique économique (commerce international, apparition de la bourgeoisie et du prolétariat) et la pratique politique (démocratie, colonisation). Karl Marx, appuyé par son ami fidèle Friedrich Engels, combattra ce monde capitaliste ayant un mode de production propre à lui. Révolutionnant les forces productives, la bourgeoisie bouleverse, par la même occasion, les rapports sociaux. C’est ici que se situe le moteur de l’histoire : la lutte des classes ne constitue pas le moteur de l’homme comme le pensait Louis Althusser et quand bien même Lucien Sève donnerait aux rapports de production un rôle décisif et aux forces productives un rôle fondamental, il resterait toujours vrai que ces deux "nécessités" sont unies au sein du mode de production et leur contradiction constitue le moteur de l’histoire.

Comme le capitalisme libéral entraîne un cortège de malheurs, il y a la nécessité de le remplacer par un autre régime et c’est au prolétariat que Marx-Engels confient cette mission. Ainsi l’alternative communiste sera proposée avec son nouveau mode de production et de gestion politique. Règne de la liberté, le Communisme est la fin de la préhistoire et le début de l'histoire, car c'est seulement dans le monde communiste que les hommes seront les sujets de leur propre histoire. Voilà ce que d’aucuns ont appelé le métarécit marxien. Pour le sauver, on est venu à parler du socialisme réel. Et pourtant, les temps ont changé : les vieux remèdes ne semblent plus appropriés. Si le contexte actuel n’est plus celui dont parlent Marx et Engels, il faut donc trouver une autre démarche, une autre solution, une autre façon de traiter le problème. Cette narration du monde sera supplantée par une autre, celle de la mondialisation néolibérale. D’où Il s’agit de comprendre et de réagir utilement à la mondialisation en cours dans le monde contemporain. Vue sous l’angle philosophique, la mondialisation néolibérale apparaît comme un stade historique, une époque historique, une phase historique nommée le « Capitalisme à la place de l’État ». Propulsée par l’idéologie néolibérale (le postulat selon lequel la libre circulation des biens et services, des capitaux et de l’information produira  un résultat optimal en terme de croissance économique et de bien-être humain), la mondialisation constitue un « tournant de civilisation » opérée par la Révolution conservatrice de M. Thatcher et de R. Reagan prônant le primat du Marché sur l’homme, la politique, l’environnement et l’État, et légitimant l’omnimarchandisation. Ainsi, y a-t-il un nouveau mode de production composé de nouvelles forces productives et de nouveaux rapports sociaux de production. Le bonheur de l’homme se trouve dans le marché. Autrement dit, le monde sera meilleur et heureux, seulement et seulement si le monde est un marché. De ce fait, « le sens actuel de l’histoire des sociétés contemporaines est celui de l’évolution nécessaire, inexorable et inévitable vers la constitution d’un grand marché mondial unique, intégré, autorégulateur, The Single Market Place, dira R. Petrella. Le sujet de cette histoire n’est rien d’autre que l’ensemble des acteurs de la mondialisation néolibérale dont les principaux sont l’État, les Firmes transnationales (FTN) et les Firmes multinationales (FMN), les Organisations internationales, en l’occurrence le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, et l’ONU, les Organisations régionales dont l’UE, l’UA, l’Alena, le Mercosur, l’OTAN, la SADC, les Investisseurs privés et publics. Toutefois, suite à ses effets négatifs, je crois que la mondialisation constitue un obstacle de taille au bonheur de la plupart de l’humanité, de ces centaines de millions de personnes qui subsistent avec l’équivalent d’un Euro par jour. De ce fait, cette narration du monde est devenue un métarécit. Et l’Altermondialisme est apparu comme un rayon d’espoir, une porte de sortie possible. Je pensais que le slogan bien connu de ce mouvement (« Un autre monde est possible ») identifiait une porte de sortie ouverte par la voie d’une alternative économique ( solidaire et durable, ), politique (démocratie participative à la Porto Alegre) contraire à l’idéologie mondialiste néolibérale prédominante. Prônant une autre mondialisation où la personne humaine et le respect de la nature sont au cœur de l'économie et de la politique, l’idéologie altermondialiste est charriée par la Charte des principes du Forum Social Mondial (FSM) modifiée et approuvée par le Comité international du FSM le 10 juin 2001. Vivant la dialectique de l’Unité (l’Un) et de l’Hétérogénéité (le Multiple) en son sein, l’Altermondialisme professe l’humanisme et propose une éthique (où le défi humano-écologique fait l’objet) et se présente comme un nouveau paradigme, « le paradigme altermondialiste » qui inspire les discours et les combats altermondialistes. Cependant cette narration du monde semble s’essouffler suite à ses contradictions internes et se transforme en un métarécit.

La postmodernité, en ses différentes utopies, se présente comme une époque émergente et ne peut être comprise que par rapport à la Modernité définie sous son triple sens : le Projet moderne, l’universalisme et l’émancipation humaine. Une fois la Modernité comprise dans son essence, celle de l’Individu comme Sujet donnant sens à l’être de l’étant en tant que tel, ses caractéristiques (une conception du Sujet, puissance à la Raison, une conception de l’Histoire et de l’Idée du progrès) seront attaquées par la Postmodernité qui constatera l’échec du Projet moderne et dont les racines sont d’ordre scientifique, politique, économique, culturel et philosophique. De ces racines émergent les caractéristiques de la Postmodernité, à savoir la fragmentation de l’identité individuelle, le néo-tribalisme, le primat de l’image, le rejet de l’Histoire linéaire et de l’Idée du progrès, l’apologie du présentéisme, l’Éthique de l’Instant, le mépris du politique, la transfiguration de l’idéologie, la relativisation de la science et de la vérité. Nommée Hypermodernité par Gilles Lipovetsky, la postmodernité sera traitée de culture du capitalisme tardif par Frederic Jameson et elle est décriée par Gilles Lipovetsky, car elle est L’ère du vide, de  l’individualisme contemporain, L’empire de l’éphémère, de La mode, de la consommation, etc. Autrement dit, la Postmodernité (Michel Maffesoli) /Hypermodernité (Gilles Lipovetsky) est une narration du monde se transformant en métarécit.

Philosophe engagé dans ce monde, je voulais à la fois savoir pourquoi les remèdes apportés jusqu’ici n’ont pas marché pour rendre l’homme heureux et me rendant parfaitement compte de l’immensité du projet, j’essaie de porter jugement sur ce qui a déjà été fait afin de discerner le chemin à suivre. Ainsi je mobilise une forme de philosophie que juge potentiellement utile en pratique afin de transformer le monde et je m’engage à penser autrement la manière d’habiter le monde pour parvenir à élaborer une nouvelle philosophie de l’histoire qui favorise l’avènement d’un « autre monde possible plus juste » qui sera actualisé par un modèle démocratique participatif et prosôponiste basé sur un nouveau paradigme, à savoir le paradigme de la rencontre. Il est donc question d’une vision historique qui puise ses forces dans la capacité philosophique d’intervenir, non seulement dans le débat en cours, mais aussi et surtout dans le monde de tous les jours. Cela étant dit, je me mets sur les traces de Socrate qui prônait le rôle de la philosophie dans la cité et je crois que la philosophie, du moins une certaine philosophie, est indispensable pour la vie de la cité. Ainsi j’ai cherché des éléments pouvant m’aider à contribuer au renouveau de la philosophie de l’histoire. Et je propose la philosophie de la rencontre. Voilà ma Nouvelle narration du monde qui sera à la source d’un nouvel humanisme propre à notre ère planétaire, de l’éthique planétaire pour notre histoire et de nouvelles conceptions de la politique et de l’économie. De ce fait, j’ai trouvé un nouveau moteur de l’histoire. Ce dernier est la lutte pour la reconnaissance mutuelle en vue d’un monde meilleur. Quant au sens de l’histoire, je l’ai découvert dans la construction d’un autre monde possible plus juste à actualiser par la démocratie participative et prosôponiste basée sur le paradigme de la rencontre. C’est celui-ci qui organise mon discours sur cet autre monde possible plus juste.

Tout lecteur de mon ouvrage aura à se rendre compte que je présente une étude très fouillée et actuelle sur le Matérialisme historique, la Mondialisation, l’Altermondialisme, la Modernité et le Postmodernité.

Et je partage l’idée de mon préfacier, Tom Rockmore, Professeur Émérite de Duquesne University et Professeur à l’Université de Pékin, selon laquelle à la fin de mon étude, je reviens vers Hegel, un Hegel revu et corrigé à la lumière du goût du jour, mais Hegel quand même, celui dont Marx est parti dans les années 1840 en pensant dépasser le monde moderne pour un nouveau monde possible et surtout meilleur que celui dans lequel nous vivons. Et il poursuit : « Mpala, qui semble penser que le moment marxiste a vécu, est conscient des difficultés auxquelles le Matérialisme historiques a toujours mené. Afin de changer le monde, il change donc de paradigme en revenant au-delà du Marxisme à ses sources dans la tradition philosophique allemande. Hegel nous lègue deux idées de la plus grande importance, idées dont la tension permanente encadre en quelque sorte l’énigme complexe du monde moderne. Il y a, d’une part, l’analyse célèbre du rapport dialectique entre le maître et l’esclave. Or Hegel qui pensait que la philosophie n’arrive que trop tard, serait peut-être surpris de constater sa propre influence. Il n’est pas faux de dire que ses adeptes se confrontèrent sur le champ de bataille à Stalingrad. Son analyse du rapport entre le maître et l’esclave est souvent en question dans les mouvements de libération de nos jours. Il y a aussi, d’autre part, le concept d’identité puisé dans l’analyse épistémologique. Ce concept fonde pour ainsi dire la théorie hégélienne du monde moderne. Or selon le penseur berlinois, l’individu trouve son développement social ultime dans l’état moderne. Il n’y a donc aucun besoin de s’engager dans une révolution dont le résultat prévisible ne serait pas meilleur mais pire que la situation actuelle. Pourtant, la tension entre ces deux aperçus est palpable. La lutte de la reconnaissance suggère une situation révolutionnaire, ce que le concept d’État en tant que site de la reconnaissance de l’individu tend à nier. Si l’on ne peut atteindre la reconnaissance qu’en transformant le monde contemporain pour créer un monde nouveau, alors on ne pourra se passer d’une révolution. Mais s’il est possible de se reconnaître dans le monde moderne, le monde tel qu’il existe, ou encore en le réformant de quelque façon que ce soit, alors la réconciliation entre les hommes, ou bien la réconciliation de l’homme avec lui-même pourra s’accomplir en aménageant l’État actuel sans le détruire. Mpala, qui semble plus enclin à la réforme qu’à la révolution,  appelle de ses vœux un monde nouveau dans lequel il sera possible de construire une démocratie participative qui à l’heure qu’il est fait souvent et très cruellement défaut. Espérons que l’histoire lui donnera raison car le monde contemporain en a vraiment besoin! » Voilà qui est dit et qui m’anime. Mais je tiens à souligner que cette Nouvelle narration du monde exige que l’ONU soit remplacée par la Communauté Des Nations- CDN en sigle. Si l’ONU a pu remplacer la Société des Nations-SDN, elle n’est plus viable en ces jours où elle est sous l’emprise de certains États dont le droit de veto la rend  une Organisation des Nations Désunies.et de ce fait, certaines de ses résolutions ne seront jamais contraignantes. Avec la CDN excluant un Conseil de Sécurité et restaurant l’égalité des États, l’Assemblée Générale aura des résolutions contraignantes.

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lundi 7 mai 2018

INTRODUCTION Plus d’une fois j’ai été invité à animer des Séminaires portant sur la méthodologie de la recherche scientifique et plus particulièrement sur la rédaction d’un article scientifique. De ces différentes rencontres scientifiques, j’ai eu beaucoup à apprendre et je devrais à tout moment mettre à jour mes notes. Voici venu le moment de proposer un texte et de le mettre à la disposition et à l’appréciation des chercheurs. Pour la réalisation de ce texte je me suis largement servi de trois livres, celui de Bernard DIONNE , le mien , d’un collectif et de l’Internet. C’est un petit manuel pour donner quelques directives aux chercheurs et il se veut un outil de travail perfectible. S’adressant aux chercheurs des sciences humaines, des sciences du vivant et des sciences exactes, ce petit manuel ne remplace en aucune façon mes collègues professeurs ; au contraire, il leur est un précieux outil qu’ils auront à parfaire et à commenter. Ceci dit, l’on comprendra que la méthodologie de la recherche scientifique a ses exigences, requiert une ouverture de l’esprit et recommande l’esprit scientifique. Voilà pourquoi j’attends les suggestions et les critiques afin de me remettre au travail. Il y va de la réussite collective. Je remercie mon collègue Professeur Ordinaire MWENZE wa KYUNGU Eric Jean-Paul, Maître-Directeur de la Chaire Scientifique de la Psychopédagogie ouverte, CSPO, qui a bien voulu m’inviter à animer un « Grand atelier de renforcement des capacités du scientifique en matière de la recherche » en date du 16 décembre 2017. Je le félicite et l’encourage pour son initiative, et ce, après avoir suivi une formation ad hoc aux Etats-Unis. Loin de moi d’en faire une apologie, mais je prends acte de ses résultats scientifiques. Qui ne risque rien, n’a rien, dit-on ! Je remercie également toutes les Institutions qui ont eu à m’inviter pour animer des Séminaires portant sur la méthodologie de la recherche scientifique. Je remercie également le doctorant C.T. Lambert Longombe Ndjate avec qui, souvent, j’anime les séminaires. Cet écrit porte ma responsabilité scientifique et j’en assume ses lacunes et limites. Le texte se structure de la manière suivante : je parlerai d’abord de la recherche scientifique ; ensuite j’aborderai le point portant sur le chercheur et ses activités scientifiques et enfin je m’appesantirai sur la rédaction de l’article scientifique. Je dois signaler que les trois points se suivent logiquement et se complètent. C’est par souci pédagogique qu’ils se présentent séparément.   1. RECHERCHE SCIENTIFIQUE   La recherche scientifique est un ensemble d’activités intellectuelles méthodiques. Autrement dit, dans la recherche scientifique, on apprend ou mieux on fait voir comment utiliser et respecter les règles, les normes et les principes de la démarche scientifique et comment appliquer les différentes méthodes. En outre, c’est avec rigueur que le chercheur fera son travail, c’est-à-dire avec précision, exactitude en examinant le problème posé et en suivant le schéma défini par la communauté scientifique de son domaine de recherche. Je fais savoir que la rigueur ne rime pas avec la rigidité exprimant la fermeture et le statu quo et qui exclut l’esprit scientifique. Cette démarche scientifique appelée recherche scientifique a pour but l’acquisition des connaissances dont la visée est d’apporter une réponse ou une solution aux problèmes. Là où il y a une recherche scientifique, il y a toujours un problème qui se pose et qui exige une réponse. Celle-ci peut être originale ou inédite par rapport aux réponses précédentes proposées. De ce fait, on comprendra que la recherche scientifique contribue au progrès de la science (nouvelles connaissances, nouvelles théories) et au développement de la société humaine grâce à l’application des résultats scientifiques. Voilà pourquoi la recherche scientifique exige l’objectivité. Celle-ci est comprise de différentes façons selon les domaines de la recherche scientifique et selon la théorie épistémologique que l’on défend . L’objectivité en chimie et en histoire, par exemple, n’est pas définie de la même manière. De par sa nature, la science invite le véritable scientifique à se laisser attirer par « la stimulation de la découverte et de la recherche (…)» . Puisqu’il s’agit de la recherche, le scientifique provenant de n’importe quelle discipline scientifique a la passion de connaître comme ne cessait de le dire Aristote. De ce fait, se révèle en lui la curiosité intellectuelle. « Cela signifie que le chercheur est par nature animé du désir de connaître et de l’obstination qui va avec. Un scientifique véritable garde vivant en lui le sens de l’étonnement devant le mystère de la Nature [et de la Vie] » . Par la curiosité intellectuelle le chercheur se force de sortir des idées convenues et se lance vers la découverte. La curiosité scientifique a pour compagnon l’amour de la vérité qui rime avec l’honnêteté intellectuelle. J’ajoute, par ailleurs, que la curiosité scientifique, l’amour de la vérité et l’honnêteté intellectuelle sont aveugles si l’esprit critique venait à faire défaut. « Il faut savoir mettre en doute ce qui semble bien installé dans la conscience commune, mais a bien des raisons d’être remis en cause. L’esprit critique est l’art de bien juger en discriminant le vrai du faux » . Quand on a un esprit critique, on aimera le débat qui cultivera dans le chef du chercheur l’autocritique et la vigilance ; aussi sera-t-il à même d’accepter la remise en question de son savoir, car tout chercheur averti sait que l’erreur est humaine et qu’il ne perd rien en se mettant à l’école de ses erreurs. Il y va de l’humilité scientifique qui invite tout chercheur à se soumettre à l’appréciation des autres chercheurs sans pour autant s’y soumettre aveuglement. Ceci fait partie du destin du scientifique. En outre, je dois souligner que cette passion de connaître contribue à former plusieurs vertus dont l’indépendance du jugement (« le paradigme de l’objectivité exige que le scientifique soit capable de mettre de côté le parti pris passionnel, tel qu’on le rencontre souvent dans le débat politique, dans les luttes partisanes du nationalisme, les affrontements religieux etc. )» , le désintéressement (« il faut entendre par désintéressement cette qualité morale qui fait qu’un chercheur est avant tout soucieux de la vérité. Le désintéressement commande de ne pas spécialement rechercher la gloire, la reconnaissance, les honneurs, mais de travailler modestement au progrès du savoir » ), l’humilité (reconnaître les limites de la raison devant la complexité de la nature et le mystère de la vie), la probité intellectuelle (« on entend par probité intellectuelle la vertu de l’homme de science qui allie le souci de la vérité et le courage de s’y tenir. La probité intellectuelle enveloppe une grande honnêteté, le sens austère de la discipline qui fait que parfois il faut accepter de voir remises en cause des idées auxquelles on tenait. [Pour l’homme de science], l faut savoir accepter la sanction des faits, il faut être capable de s’assurer de la validité d’une hypothèse. Il y a donc indéniablement non seulement des aptitudes mais surtout une déontologie de l’esprit scientifique » . C’est à ce niveau qu’on peut évoquer les huit principes déontologiques de Karl Popper : «- Il n’y a d’autorité qu’on doive à tout prix respecter. « -Il est impossible d’éviter les erreurs. « -Il y a des erreurs même dans les théories éprouvées. « -Il ne faut pas camoufler ses erreurs. « -Il faut se mettre à l’école de ses erreurs. « -faire preuve d’autocritique et de vigilance. « -Nous avons besoin des autres, la critique venant d’autrui est une nécessité. « -Faire une critique rationnelle spécifique et ‘ impersonnelle ‘. Bref, le chercheur doit faire preuve d’un esprit scientifique. J’en ai déjà parlé, mais répétons-le : celui-ci se fait voir quand le chercheur manifeste un esprit d’impartialité et met entre parenthèses certains préjugés pouvant constituer un obstacle épistémologique. Il est aussi invité à la fidélité dans la restitution de la pensée des auteurs consultés, à l’honnêteté intellectuelle pour éviter le plagiat, « le fait de s’approprier un travail (texte, image, photo, données) réalisé par quelqu’un d’autre » et la fraude scientifique (qui consiste « à déformer les résultats d’une recherche pour différents motifs : confirmer une hypothèse à laquelle on tient, rendre publiable une recherche qui ne le serait pas, satisfaire les exigences du commanditaire de la recherche, etc. » , falsification des résultats), à cultiver l’esprit critique et autocritique durant sa démarche scientifique et à être ouvert à toute remise en question des résultats de ses recherches. Retenons que la recherche scientifique finit par la production d’un travail qui sera reconnu scientifique par ses pairs ou les chercheurs évoluant dans le même domaine de recherche.  

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samedi 2 septembre 2017

De prime abord, nous signalons que la démocratie est une affaire d'hommes. Elle n'est pas un cadeau à offrir ou à recevoir sur un plateau d'or. Projet, la démocratie l'est. Elle n'est pas un "déjà-là", elle est un "pas- encore", i.e. une conquête. Autrement dit, partout où elle semble être un modus vivendi, elle est en-deçà de ce qu'on attend d'elle. Ceci ne peut surprendre pour la simple raison que la démocratie ne peut être que ce que les hommes sont et veulent être. A ce niveau, nous émettons à la même onde qu’Anne Baudart pour qui « les hommes – individus et peuples – ont le choix de régresser ou de progresser, de choisir la liberté ou la servitude, les lumières ou la barbarie. Leur démocratie sera ce qu’ils en feront. Elle sera leur œuvre et à leur image : chemin de leur libération ou de leur aliénation »[1].



[1] A. BAUDART , Qu’est-ce que la démocratie, Paris, Vrin, 2005 , p.71.

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L’essai Mode et célébration du présent du jeune philosophe Ignace Kabulo Mwaba suscite un débat de mise au point : peut-on parler de l’Afrique postmodernisée et hypermodernisée sans savoir si l’Afrique a été modernisée ?

le projet moderne fait de l’idée de progrès son levier pour tenir la promesse de l’émancipation de l’humanité. Cette émancipation exigera, par ailleurs, une remise en question des croyances et provoquera un déracinement culturel, une rupture d’avec la tradition. Ainsi, c’est un nouveau « vouloir vivre-ensemble », qui sera instauré.

Ce projet moderne créera ce que d’aucuns ont appelé l’évidence moderne qu’est l’unification,  la « Reductio ad unum »[1]. Cette unification ou universalisation s’observera dans tous les domaines, mais d’une manière schématique, elle sera particulièrement visible pour ce qui concerne le politique, le social, l’économique et l’idéologie.

C’est sous l’angle du projet moderne que l’idéologie de la colonisation qui se donnait une bonne conscience en voulant apporter la « civilisation » pourra être bien comprise.

 Mue par l’idéologie de la Reduction ad unum, celle de rendre le monde entier un, homogène, et ce  à partir de l’Occident, la colonisation travaillera pour  l’universalité des communautés, et cette fin justifiera tous les moyens qu’elle mettra en œuvre. Pour lui, il s’agira de l’émancipation  de l’humanité en partant du  culte du nouveau et de l’originalité, en inculquant l’idée de dépassement pour atteindre  le progrès. Ce dernier est à la source de la Civilisation qui se concrétisera dans plusieurs domaines (politique, social, économique, religieux). Ce sera le temps de Métarécits[2]. On  rasera les royaumes africains, on sapera l’autorité politique traditionnelle et l’école sera l’appareil étatique le plus puissant qui produira des « évolués » qui mangeront avec des fourchettes comme des Blancs, qui parleront comme des Blancs, s’habilleront comme des Blancs, se coifferont comme des Blancs, riront comme des Blancs, etc. Bref, les Blancs étaient (et sont encore ?) la mesure de toutes choses.



[1] COMTE, A., cité par MAFFESOLI, M., Notes sur la postmodernité. Le lieu fait lien suivi de La hauteur du quotidien. A propos de l’œuvre de Michel Maffesoli, Paris, 2003, p.21.

[2] Le concept de métarécit est de  J.-F. LYOTARD, La condition postmoderne, Paris, Flammarion, 1979.

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