Professeur Abbé Louis Mpala

jeudi 8 novembre 2018

Mon ouvrage se veut une réflexion sur notre histoire et cette réflexion est d’ordre philosophique ; en d’autres termes, ma réflexion relève de la philosophie de l’histoire. L’histoire humaine est toujours interprétée afin de découvrir son sens, sens au sens de direction et de signification. Les gens se posent les questions suivantes : Avec tout ce que nous vivons, allons-nous ? Quelle est la signification de tout ce qui arrive et nous arrive ? En outre, les gens cherchent ou s’interrogent sur le moteur de l’histoire : Qu’est-ce qui fait que les choses se passent ainsi et non autrement ? Autrement dit, quel est l’élément explicatif qui fait que notre histoire (monde) suive cette trajectoire et non une autre ? Par ailleurs, l’on cherche à découvrir les vrais acteurs de notre histoire : Qui est le sujet de l’histoire ? Qui sont les vrais acteurs de tout ce qui se passe dans l’histoire (monde) ? Sont-ce les hommes ? Est-ce Dieu ? Est-ce un être mystérieux comme l’Idée ou la Raison ? Est-ce la Nature ?

À la différence de l’animal, l’homme cherche à réfléchir sur sa propre vie, sa propre histoire.

À mon humble avis, chaque philosophie de l’histoire est aussi une narration du monde. Or le Matérialisme historique, la Mondialisation, l’Altermondialisme et la Postmodernité sont quatre optiques actuellement très en vues pour comprendre le monde. Après avoir pris acte de cela, je prends position en pensant que les approches actuellement disponibles ont toutes vieillies. C’est pourquoi, je propose une cinquième narration du monde, que j’appelle volontiers le Prosôponisme, et comme on reconnaît un philosophe, selon Deleuze, par des concepts, ce néologisme de ma plume exprime l’importance accordée à la démocratie participative.

Mon intention est claire et importante. Jusqu’à récemment, on avait  souvent essayé de réagir au capitalisme en se fondant sur le Matérialisme historique qui est la conception matérialiste de l’histoire. Cette narration du monde est née dans le contexte dominé par la Modernité prônant l’idée de progrès et prêchant l’universalisme qui correspond à l’uniformisation. L’idée de progrès entraîna la révolution scientifique qui portera des fruits dont la révolution industrielle. De la sorte, la Modernité transformera la vie sociale (naissance des inégalités), la pratique économique (commerce international, apparition de la bourgeoisie et du prolétariat) et la pratique politique (démocratie, colonisation). Karl Marx, appuyé par son ami fidèle Friedrich Engels, combattra ce monde capitaliste ayant un mode de production propre à lui. Révolutionnant les forces productives, la bourgeoisie bouleverse, par la même occasion, les rapports sociaux. C’est ici que se situe le moteur de l’histoire : la lutte des classes ne constitue pas le moteur de l’homme comme le pensait Louis Althusser et quand bien même Lucien Sève donnerait aux rapports de production un rôle décisif et aux forces productives un rôle fondamental, il resterait toujours vrai que ces deux "nécessités" sont unies au sein du mode de production et leur contradiction constitue le moteur de l’histoire.

Comme le capitalisme libéral entraîne un cortège de malheurs, il y a la nécessité de le remplacer par un autre régime et c’est au prolétariat que Marx-Engels confient cette mission. Ainsi l’alternative communiste sera proposée avec son nouveau mode de production et de gestion politique. Règne de la liberté, le Communisme est la fin de la préhistoire et le début de l'histoire, car c'est seulement dans le monde communiste que les hommes seront les sujets de leur propre histoire. Voilà ce que d’aucuns ont appelé le métarécit marxien. Pour le sauver, on est venu à parler du socialisme réel. Et pourtant, les temps ont changé : les vieux remèdes ne semblent plus appropriés. Si le contexte actuel n’est plus celui dont parlent Marx et Engels, il faut donc trouver une autre démarche, une autre solution, une autre façon de traiter le problème. Cette narration du monde sera supplantée par une autre, celle de la mondialisation néolibérale. D’où Il s’agit de comprendre et de réagir utilement à la mondialisation en cours dans le monde contemporain. Vue sous l’angle philosophique, la mondialisation néolibérale apparaît comme un stade historique, une époque historique, une phase historique nommée le « Capitalisme à la place de l’État ». Propulsée par l’idéologie néolibérale (le postulat selon lequel la libre circulation des biens et services, des capitaux et de l’information produira  un résultat optimal en terme de croissance économique et de bien-être humain), la mondialisation constitue un « tournant de civilisation » opérée par la Révolution conservatrice de M. Thatcher et de R. Reagan prônant le primat du Marché sur l’homme, la politique, l’environnement et l’État, et légitimant l’omnimarchandisation. Ainsi, y a-t-il un nouveau mode de production composé de nouvelles forces productives et de nouveaux rapports sociaux de production. Le bonheur de l’homme se trouve dans le marché. Autrement dit, le monde sera meilleur et heureux, seulement et seulement si le monde est un marché. De ce fait, « le sens actuel de l’histoire des sociétés contemporaines est celui de l’évolution nécessaire, inexorable et inévitable vers la constitution d’un grand marché mondial unique, intégré, autorégulateur, The Single Market Place, dira R. Petrella. Le sujet de cette histoire n’est rien d’autre que l’ensemble des acteurs de la mondialisation néolibérale dont les principaux sont l’État, les Firmes transnationales (FTN) et les Firmes multinationales (FMN), les Organisations internationales, en l’occurrence le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, et l’ONU, les Organisations régionales dont l’UE, l’UA, l’Alena, le Mercosur, l’OTAN, la SADC, les Investisseurs privés et publics. Toutefois, suite à ses effets négatifs, je crois que la mondialisation constitue un obstacle de taille au bonheur de la plupart de l’humanité, de ces centaines de millions de personnes qui subsistent avec l’équivalent d’un Euro par jour. De ce fait, cette narration du monde est devenue un métarécit. Et l’Altermondialisme est apparu comme un rayon d’espoir, une porte de sortie possible. Je pensais que le slogan bien connu de ce mouvement (« Un autre monde est possible ») identifiait une porte de sortie ouverte par la voie d’une alternative économique ( solidaire et durable, ), politique (démocratie participative à la Porto Alegre) contraire à l’idéologie mondialiste néolibérale prédominante. Prônant une autre mondialisation où la personne humaine et le respect de la nature sont au cœur de l'économie et de la politique, l’idéologie altermondialiste est charriée par la Charte des principes du Forum Social Mondial (FSM) modifiée et approuvée par le Comité international du FSM le 10 juin 2001. Vivant la dialectique de l’Unité (l’Un) et de l’Hétérogénéité (le Multiple) en son sein, l’Altermondialisme professe l’humanisme et propose une éthique (où le défi humano-écologique fait l’objet) et se présente comme un nouveau paradigme, « le paradigme altermondialiste » qui inspire les discours et les combats altermondialistes. Cependant cette narration du monde semble s’essouffler suite à ses contradictions internes et se transforme en un métarécit.

La postmodernité, en ses différentes utopies, se présente comme une époque émergente et ne peut être comprise que par rapport à la Modernité définie sous son triple sens : le Projet moderne, l’universalisme et l’émancipation humaine. Une fois la Modernité comprise dans son essence, celle de l’Individu comme Sujet donnant sens à l’être de l’étant en tant que tel, ses caractéristiques (une conception du Sujet, puissance à la Raison, une conception de l’Histoire et de l’Idée du progrès) seront attaquées par la Postmodernité qui constatera l’échec du Projet moderne et dont les racines sont d’ordre scientifique, politique, économique, culturel et philosophique. De ces racines émergent les caractéristiques de la Postmodernité, à savoir la fragmentation de l’identité individuelle, le néo-tribalisme, le primat de l’image, le rejet de l’Histoire linéaire et de l’Idée du progrès, l’apologie du présentéisme, l’Éthique de l’Instant, le mépris du politique, la transfiguration de l’idéologie, la relativisation de la science et de la vérité. Nommée Hypermodernité par Gilles Lipovetsky, la postmodernité sera traitée de culture du capitalisme tardif par Frederic Jameson et elle est décriée par Gilles Lipovetsky, car elle est L’ère du vide, de  l’individualisme contemporain, L’empire de l’éphémère, de La mode, de la consommation, etc. Autrement dit, la Postmodernité (Michel Maffesoli) /Hypermodernité (Gilles Lipovetsky) est une narration du monde se transformant en métarécit.

Philosophe engagé dans ce monde, je voulais à la fois savoir pourquoi les remèdes apportés jusqu’ici n’ont pas marché pour rendre l’homme heureux et me rendant parfaitement compte de l’immensité du projet, j’essaie de porter jugement sur ce qui a déjà été fait afin de discerner le chemin à suivre. Ainsi je mobilise une forme de philosophie que juge potentiellement utile en pratique afin de transformer le monde et je m’engage à penser autrement la manière d’habiter le monde pour parvenir à élaborer une nouvelle philosophie de l’histoire qui favorise l’avènement d’un « autre monde possible plus juste » qui sera actualisé par un modèle démocratique participatif et prosôponiste basé sur un nouveau paradigme, à savoir le paradigme de la rencontre. Il est donc question d’une vision historique qui puise ses forces dans la capacité philosophique d’intervenir, non seulement dans le débat en cours, mais aussi et surtout dans le monde de tous les jours. Cela étant dit, je me mets sur les traces de Socrate qui prônait le rôle de la philosophie dans la cité et je crois que la philosophie, du moins une certaine philosophie, est indispensable pour la vie de la cité. Ainsi j’ai cherché des éléments pouvant m’aider à contribuer au renouveau de la philosophie de l’histoire. Et je propose la philosophie de la rencontre. Voilà ma Nouvelle narration du monde qui sera à la source d’un nouvel humanisme propre à notre ère planétaire, de l’éthique planétaire pour notre histoire et de nouvelles conceptions de la politique et de l’économie. De ce fait, j’ai trouvé un nouveau moteur de l’histoire. Ce dernier est la lutte pour la reconnaissance mutuelle en vue d’un monde meilleur. Quant au sens de l’histoire, je l’ai découvert dans la construction d’un autre monde possible plus juste à actualiser par la démocratie participative et prosôponiste basée sur le paradigme de la rencontre. C’est celui-ci qui organise mon discours sur cet autre monde possible plus juste.

Tout lecteur de mon ouvrage aura à se rendre compte que je présente une étude très fouillée et actuelle sur le Matérialisme historique, la Mondialisation, l’Altermondialisme, la Modernité et le Postmodernité.

Et je partage l’idée de mon préfacier, Tom Rockmore, Professeur Émérite de Duquesne University et Professeur à l’Université de Pékin, selon laquelle à la fin de mon étude, je reviens vers Hegel, un Hegel revu et corrigé à la lumière du goût du jour, mais Hegel quand même, celui dont Marx est parti dans les années 1840 en pensant dépasser le monde moderne pour un nouveau monde possible et surtout meilleur que celui dans lequel nous vivons. Et il poursuit : « Mpala, qui semble penser que le moment marxiste a vécu, est conscient des difficultés auxquelles le Matérialisme historiques a toujours mené. Afin de changer le monde, il change donc de paradigme en revenant au-delà du Marxisme à ses sources dans la tradition philosophique allemande. Hegel nous lègue deux idées de la plus grande importance, idées dont la tension permanente encadre en quelque sorte l’énigme complexe du monde moderne. Il y a, d’une part, l’analyse célèbre du rapport dialectique entre le maître et l’esclave. Or Hegel qui pensait que la philosophie n’arrive que trop tard, serait peut-être surpris de constater sa propre influence. Il n’est pas faux de dire que ses adeptes se confrontèrent sur le champ de bataille à Stalingrad. Son analyse du rapport entre le maître et l’esclave est souvent en question dans les mouvements de libération de nos jours. Il y a aussi, d’autre part, le concept d’identité puisé dans l’analyse épistémologique. Ce concept fonde pour ainsi dire la théorie hégélienne du monde moderne. Or selon le penseur berlinois, l’individu trouve son développement social ultime dans l’état moderne. Il n’y a donc aucun besoin de s’engager dans une révolution dont le résultat prévisible ne serait pas meilleur mais pire que la situation actuelle. Pourtant, la tension entre ces deux aperçus est palpable. La lutte de la reconnaissance suggère une situation révolutionnaire, ce que le concept d’État en tant que site de la reconnaissance de l’individu tend à nier. Si l’on ne peut atteindre la reconnaissance qu’en transformant le monde contemporain pour créer un monde nouveau, alors on ne pourra se passer d’une révolution. Mais s’il est possible de se reconnaître dans le monde moderne, le monde tel qu’il existe, ou encore en le réformant de quelque façon que ce soit, alors la réconciliation entre les hommes, ou bien la réconciliation de l’homme avec lui-même pourra s’accomplir en aménageant l’État actuel sans le détruire. Mpala, qui semble plus enclin à la réforme qu’à la révolution,  appelle de ses vœux un monde nouveau dans lequel il sera possible de construire une démocratie participative qui à l’heure qu’il est fait souvent et très cruellement défaut. Espérons que l’histoire lui donnera raison car le monde contemporain en a vraiment besoin! » Voilà qui est dit et qui m’anime. Mais je tiens à souligner que cette Nouvelle narration du monde exige que l’ONU soit remplacée par la Communauté Des Nations- CDN en sigle. Si l’ONU a pu remplacer la Société des Nations-SDN, elle n’est plus viable en ces jours où elle est sous l’emprise de certains États dont le droit de veto la rend  une Organisation des Nations Désunies.et de ce fait, certaines de ses résolutions ne seront jamais contraignantes. Avec la CDN excluant un Conseil de Sécurité et restaurant l’égalité des États, l’Assemblée Générale aura des résolutions contraignantes.

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mercredi 31 octobre 2018

L'être humain ne sait pas souvent compter son âge, car nous oublions de compter les mois passés au sein maternel. Voici mon petit CV qui ne contredit pas mon propos.

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mardi 23 octobre 2018

La  philosophie prosôponiste du langage se fonde sur la philosophie de la rencontre (L. MPALA Mbabula : 2016) dans laquelle la personne, l’être humain est au centre, car il est toujours en face de l’autre être humain ; or l’être humain  est homo loquens, un sujet parlant, toujours « un être face aux yeux d’autrui, face tournée vers l’autre, en relation, en rapport avec autrui, être-en-communion » (Le personnalisme : 2006). Et  l’humilité est requise parce que « lorsqu’il s’agit d’union ou de rencontre, tout complexe de supériorité doit nécessairement disparaître » ( P. TEMPELS, cité par L. MPALA Mbabula :2016). Un  principe anthropologique, à savoir « un être humain ne pourra jamais se perfectionner ou renforcer son être tant qu’il reste seul [car] créés dépendants les uns avec les autres [et n’accomplissant son] être que dans une vie interpersonnelle » (P. TEMPELS, cité par L. MPALA Mbabula :2016), fonde le prosôponisme. La  Rencontre étant liée aux concepts d’amour, de don libre, du respect absolu de la liberté de l’autre, de bienveillance, de confiance, d’amitié, de « oui » réciproque, prononcé par les deux êtres entièrement libres, est à la source du « Toi-et-Moi » engendrant le « nous » ; ainsi la rencontre a un « caractère destinal », selon Cécile Duteille. Elle  est « destinale » au sens où « elle destine les protagonistes à une manière d’être, sans précédent pour eux. La rencontre apparaît comme l’événement qui redistribue les possibles. Elle est le « moment axial » à partir duquel la vie ne sera plus jamais la même » (C. DUTEILLE : 2003). En effet, dans une rencontre authentique, on n’y est jamais spectateur de ce qui nous arrive, mais on s’y retrouve entièrement impliqué.

La rencontre dont nous parlons a lieu surtout grâce au LANGAGE. C’est ici que la philosophie prosôponisme ne se veut pas être en deçà et au-delà des structuralismes (. F. WALL : 1968), mais par-delà. Loin de parler de l’avant et de l’après des structuralismes, notre philosophie veut se situer par-delà les conflits des structuralismes, et ce pour avoir suivi le conseil de Jean-Baptiste Fages (J.-B. FAGES : 1968a) : ne pas confondre l’analyse linguistique (structurale) de la langue et l’approche philosophique de la langue et sur ce point Ferdinand De Saussure est clair : « Il faut choisir entre deux routes qu’il est impossible de prendre en même temps ; elles doivent être suivies séparément » (F. DE SAUSSURE : 1969).  De ce fait, nous serons capable d’apprécier Ferdinand De Saussure à sa juste valeur quand il donne l’objet formel de la linguistique et ainsi il arrive à séparer la langue (ce qui est social) de la parole (ce qui est individuel)( F. DE SAUSSURE : 1969) (distinction sui generis) tout en veillant à affirmer leur caractère dialectique (« il y a donc interdépendance de la langue et de la parole » (F. DE SAUSSURE : 1969)).

               La philosophie prosôponiste du langage exploitera les concepts de langage, langue, parole et signe tels qu’ils sont définis et explicités par F. De Saussure, et ce sous l’angle philosophique et non linguistique. Aussi serons-nous à même de nous démarquer de Mikhail Bakhtine alias Volochînov aveuglé par le marxisme prélogique qui lui fait voir dans tous les signes une idéologie et qui nie la dialectique entre Langue et Parole chez De Saussure(M. BAKTHINE : 2009 ) comme s’il n’a pas lu l’auteur. Oui, beaucoup parlent et enseignent de F. De Saussure sans l’avoir lu. Ceci vaut aussi pour le cas de Karl Marx.

               Les sujets parlants sont interactifs dans la philosophie prosôponiste (rejet des structuralismes) et les différents rôles de la langue et de la parole exprimant tant bien que mal la pensée y seront mis en exergue, car il y va de la destinée de la rencontre destinale.

 

Mots clés :

            Langage, langue, parole, signe, philosophie prosôponiste, F. De Saussure, M. Bakhtine, rencontre, philosophie de la rencontre, structuralismes,

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Résumé : la mondialisation néolibérale a pour plusieurs acteurs parmi lesquels l’Etat et les entreprises occupent la première place. Nourrie de l’idéologie de l’économisme et de l’utilitarisme, soutenue par la révolution conservatrice du tandem Margaret Thatcher et Ronald Reagan et mise en pratique par le Consensus de Washington, la mondialisation néolibérale trouve dans les entreprises un acteur important remettant en question le rôle traditionnel de l’Etat et contraint ce dernier à redéfinir le concept de frontière et à s’adapter à la cadence  de ses pas.

Mots clés : mondialisation, entreprise, Etat, acteur, idéologie, interdépendance, souveraineté, paradigme, hyperglobaliste, sceptique, transformationaliste.

 

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lundi 22 octobre 2018

TOUS VOS COMMENTAIRES SONT LES BIENVENUS ET SERONT MIS EN LIGNE CAR L'ESPACE ECHANGE EST OPERATIONNEL GRACE A L'EXPERTISE DE L'INGENIEUR ABEL MBULA.

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Je mets ce cours en ligne pour mettre à la disposition des enseignants et étudiants un petit document scientifique. Il date de 2014. Il a ses limites et qualités. Si vous l'utilisez, ayez l'honnêteté intellectuelle de citer son auteur. Il est tout à fait normal d'utiliser mes écrits pour l'enseignement, mais il sied de signaler aux étudiants d'où ils proviennent car s'ils le trouvent par eux-mêmes, ils vous traiteront de plagiaires.

L’Anthropologie philosophique est un cours spécial. Si toutes les sciences ne peuvent pas se passer de l’homme, autrement dit, si dans les autres sciences, l’homme est soit sujet en ce qu’il exerce la science, soit qu’il est objet en ce sens que c’est lui que la science traite, i.e. c’est de lui que la science fait objet de recherche, il n’en va de même avec l’Anthropologie philosophique. Pour l’Anthropologie philosophique, l’homme est à la fois sujet et objet. En tant que sujet, l’homme se pose la question : « Qui suis- je ? » et en tant qu’objet, il se pose la question sur lui-même. Autrement dit, il est le questionnaire et le questionné. Voilà qui explique le fait que l’Anthropologie philosophique aura des difficultés à bien se déployer parce que l’homme est à la fois sujet et objet.

            Notre cours qui est celui de l’Anthropologie philosophique n’est rien d’autre qu’un cours qui sera un discours de l’homme sur l’homme. Seulement n’oublions pas qu’il n’est pas facile pour l’homme de faire une totale objectivation de soi. Sachons tout simplement que celui qui s’intéresse à lui-même ne sera pas objectif dans sa façon de donner la réponse.

            De tout ce qui précède, nos objectifs pédagogiques sont :

A la fin de ce cours, les étudiants seront capables

1. de déceler les présupposés anthropologiques de toute philosophie et de toute pratique ;

2.       de définir en leurs propres mots l’anthropologie philosophique ;

3.       de dire en quoi consiste la corporéité, le travail, la communauté, l’amour-amitié, l’être-pour-la-mort, l’homme comme personne et comme mystère ;

4.      d’exposer clairement l’anthropologie philosophique d’un philosophe de leur choix.

 

Comme évaluation, le travail pratique à exposer dans l’auditoire fera objet de la moyenne et un examen écrit sera organisé à la fin du cours.

 

Il est opportun de dire que chaque professeur parle  à partir d’un lieu théorique et pratique donné comme nous le dit Louis Althusser. Cela étant, notre cours aura nos empreintes.

 

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La question de la géophilosophie est étroitement liée  à celles de l’espace, du territoire, des frontières et de l’identité. Platon, Aristote, Kant, Derrida, etc. philosophes de leur temps et de leur espace. La spatialité des frontières telle qu’abordée par Michel Foucault et Gilles Deleuze  démontre que l’espace lui-même est une préoccupation de la philosophie depuis ses débuts (Conry 2012 : 7). Sur le plan politique, la géophilosophie  se rapporte au territoire et à la territorialité ; les frontières elles-mêmes sont les formes limites propres aux territoires politiques (Conry 2012 : 7 et 9).

L’on pourrait donc convenir que même les philosophes sont de quelque part et d’un temps, mais le sentiment d’appartenance ne conduit-il pas à la caractérisation et à la catégorisation  ?

Au-delà de tous les débats  liés  aux questions de territorialité et des frontières, questions caractéristiques de la  géopolitique qui ont fait émerger beaucoup de réflexions  en sciences politiques sur la création des zones ou des espaces, les questions philosophiques, elles, depuis Michel Foucault et Gilles Deleuze  reviennent sur la nécessité de penser ces frontières.  En effet, «  les sciences politiques se constituent sur l’exigence d’un savoir positif. Cette exigence implique de faire du politique une activité ou une zone spécifique définie par son aspect de construction institutionnelle dans une totalité plus complexe.  Zone spécifique qui doit être analysée à partir d’un découpage artificiel par rapport à d’autres sphères comme l’économique, le religieux, le culturel… (Conry 2012  : 17).

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Chers amis et amies internautes, je remercie Mr Abel MBULA de la belle et propre ville de Kisangani qui a répondu à mon SOS via le Docteur Grison-Trésor KAKUMBI Belumba. Je lui demande de nous aider, encore une fois, à activer la catégorie ECHANGE.

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En effet, la THESE que le C.T. soutient hic et nunc, découle des Hypothèses bien confirmées, et l’impétrant est digne de se présenter devant nous pour se faire examiner et évaluer, et ce en vue d’être trouvé digne de siéger avec et à côté de nous dans cette Cour des Grands, et en le recevant comme Doctus, Savant.

Honorable Monsieur le Président,

Le C.T. Kakumbi est rongé par la passion pour les enfants et Hegel a raison quand il dit tout haut que rien de grand ne s’est fait sans passion.

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vendredi 15 juin 2018

Résumé Cet article se donne pour tâche de « vérifier » si le philosophe Pascal Koba Bashibirira a « raison » de déclarer « fausse » l’émancipation ou la libération de la femme que Simone de Beauvoir propose en se prenant comme le modèle que toutes les femmes peuvent imiter. Pour exposer et apprécier sa pensée, la triangulation méthodologique faite de l’herméneutique philosophique et de la critique a été d’un apport appréciable. De ce fait, les notions de l’écologie de l’esprit et de l’écologie de l’action m’ont permis d’inviter Koba à mettre un peu d’eau dans son verre de vin gynosophique et je le prie de recourir à l’intropathie, une des méthodes qu’il adopte ou préconise, pour ne pas dresser le siège des féministes dans l’enfer. De ce fait, on comprendra pourquoi il qualifie de « fausse » la libération de la femme prônée par Simone de Beauvoir et on appréciera, à juste titre, ma critique faite à la critique gynosophique contre Simone de Beauvoir dont la thèse soutenue a une écologie de l’action remettant en cause la survie de l’espèce humaine au cas où toutes les femmes du monde « nieraient » la maternité en l’imitant. Mots clés : gynosophie ; écologie de l’esprit ; écologie de l’action ; maternité ; féminisme ; intropathie.

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lundi 7 mai 2018

INTRODUCTION Plus d’une fois j’ai été invité à animer des Séminaires portant sur la méthodologie de la recherche scientifique et plus particulièrement sur la rédaction d’un article scientifique. De ces différentes rencontres scientifiques, j’ai eu beaucoup à apprendre et je devrais à tout moment mettre à jour mes notes. Voici venu le moment de proposer un texte et de le mettre à la disposition et à l’appréciation des chercheurs. Pour la réalisation de ce texte je me suis largement servi de trois livres, celui de Bernard DIONNE , le mien , d’un collectif et de l’Internet. C’est un petit manuel pour donner quelques directives aux chercheurs et il se veut un outil de travail perfectible. S’adressant aux chercheurs des sciences humaines, des sciences du vivant et des sciences exactes, ce petit manuel ne remplace en aucune façon mes collègues professeurs ; au contraire, il leur est un précieux outil qu’ils auront à parfaire et à commenter. Ceci dit, l’on comprendra que la méthodologie de la recherche scientifique a ses exigences, requiert une ouverture de l’esprit et recommande l’esprit scientifique. Voilà pourquoi j’attends les suggestions et les critiques afin de me remettre au travail. Il y va de la réussite collective. Je remercie mon collègue Professeur Ordinaire MWENZE wa KYUNGU Eric Jean-Paul, Maître-Directeur de la Chaire Scientifique de la Psychopédagogie ouverte, CSPO, qui a bien voulu m’inviter à animer un « Grand atelier de renforcement des capacités du scientifique en matière de la recherche » en date du 16 décembre 2017. Je le félicite et l’encourage pour son initiative, et ce, après avoir suivi une formation ad hoc aux Etats-Unis. Loin de moi d’en faire une apologie, mais je prends acte de ses résultats scientifiques. Qui ne risque rien, n’a rien, dit-on ! Je remercie également toutes les Institutions qui ont eu à m’inviter pour animer des Séminaires portant sur la méthodologie de la recherche scientifique. Je remercie également le doctorant C.T. Lambert Longombe Ndjate avec qui, souvent, j’anime les séminaires. Cet écrit porte ma responsabilité scientifique et j’en assume ses lacunes et limites. Le texte se structure de la manière suivante : je parlerai d’abord de la recherche scientifique ; ensuite j’aborderai le point portant sur le chercheur et ses activités scientifiques et enfin je m’appesantirai sur la rédaction de l’article scientifique. Je dois signaler que les trois points se suivent logiquement et se complètent. C’est par souci pédagogique qu’ils se présentent séparément.   1. RECHERCHE SCIENTIFIQUE   La recherche scientifique est un ensemble d’activités intellectuelles méthodiques. Autrement dit, dans la recherche scientifique, on apprend ou mieux on fait voir comment utiliser et respecter les règles, les normes et les principes de la démarche scientifique et comment appliquer les différentes méthodes. En outre, c’est avec rigueur que le chercheur fera son travail, c’est-à-dire avec précision, exactitude en examinant le problème posé et en suivant le schéma défini par la communauté scientifique de son domaine de recherche. Je fais savoir que la rigueur ne rime pas avec la rigidité exprimant la fermeture et le statu quo et qui exclut l’esprit scientifique. Cette démarche scientifique appelée recherche scientifique a pour but l’acquisition des connaissances dont la visée est d’apporter une réponse ou une solution aux problèmes. Là où il y a une recherche scientifique, il y a toujours un problème qui se pose et qui exige une réponse. Celle-ci peut être originale ou inédite par rapport aux réponses précédentes proposées. De ce fait, on comprendra que la recherche scientifique contribue au progrès de la science (nouvelles connaissances, nouvelles théories) et au développement de la société humaine grâce à l’application des résultats scientifiques. Voilà pourquoi la recherche scientifique exige l’objectivité. Celle-ci est comprise de différentes façons selon les domaines de la recherche scientifique et selon la théorie épistémologique que l’on défend . L’objectivité en chimie et en histoire, par exemple, n’est pas définie de la même manière. De par sa nature, la science invite le véritable scientifique à se laisser attirer par « la stimulation de la découverte et de la recherche (…)» . Puisqu’il s’agit de la recherche, le scientifique provenant de n’importe quelle discipline scientifique a la passion de connaître comme ne cessait de le dire Aristote. De ce fait, se révèle en lui la curiosité intellectuelle. « Cela signifie que le chercheur est par nature animé du désir de connaître et de l’obstination qui va avec. Un scientifique véritable garde vivant en lui le sens de l’étonnement devant le mystère de la Nature [et de la Vie] » . Par la curiosité intellectuelle le chercheur se force de sortir des idées convenues et se lance vers la découverte. La curiosité scientifique a pour compagnon l’amour de la vérité qui rime avec l’honnêteté intellectuelle. J’ajoute, par ailleurs, que la curiosité scientifique, l’amour de la vérité et l’honnêteté intellectuelle sont aveugles si l’esprit critique venait à faire défaut. « Il faut savoir mettre en doute ce qui semble bien installé dans la conscience commune, mais a bien des raisons d’être remis en cause. L’esprit critique est l’art de bien juger en discriminant le vrai du faux » . Quand on a un esprit critique, on aimera le débat qui cultivera dans le chef du chercheur l’autocritique et la vigilance ; aussi sera-t-il à même d’accepter la remise en question de son savoir, car tout chercheur averti sait que l’erreur est humaine et qu’il ne perd rien en se mettant à l’école de ses erreurs. Il y va de l’humilité scientifique qui invite tout chercheur à se soumettre à l’appréciation des autres chercheurs sans pour autant s’y soumettre aveuglement. Ceci fait partie du destin du scientifique. En outre, je dois souligner que cette passion de connaître contribue à former plusieurs vertus dont l’indépendance du jugement (« le paradigme de l’objectivité exige que le scientifique soit capable de mettre de côté le parti pris passionnel, tel qu’on le rencontre souvent dans le débat politique, dans les luttes partisanes du nationalisme, les affrontements religieux etc. )» , le désintéressement (« il faut entendre par désintéressement cette qualité morale qui fait qu’un chercheur est avant tout soucieux de la vérité. Le désintéressement commande de ne pas spécialement rechercher la gloire, la reconnaissance, les honneurs, mais de travailler modestement au progrès du savoir » ), l’humilité (reconnaître les limites de la raison devant la complexité de la nature et le mystère de la vie), la probité intellectuelle (« on entend par probité intellectuelle la vertu de l’homme de science qui allie le souci de la vérité et le courage de s’y tenir. La probité intellectuelle enveloppe une grande honnêteté, le sens austère de la discipline qui fait que parfois il faut accepter de voir remises en cause des idées auxquelles on tenait. [Pour l’homme de science], l faut savoir accepter la sanction des faits, il faut être capable de s’assurer de la validité d’une hypothèse. Il y a donc indéniablement non seulement des aptitudes mais surtout une déontologie de l’esprit scientifique » . C’est à ce niveau qu’on peut évoquer les huit principes déontologiques de Karl Popper : «- Il n’y a d’autorité qu’on doive à tout prix respecter. « -Il est impossible d’éviter les erreurs. « -Il y a des erreurs même dans les théories éprouvées. « -Il ne faut pas camoufler ses erreurs. « -Il faut se mettre à l’école de ses erreurs. « -faire preuve d’autocritique et de vigilance. « -Nous avons besoin des autres, la critique venant d’autrui est une nécessité. « -Faire une critique rationnelle spécifique et ‘ impersonnelle ‘. Bref, le chercheur doit faire preuve d’un esprit scientifique. J’en ai déjà parlé, mais répétons-le : celui-ci se fait voir quand le chercheur manifeste un esprit d’impartialité et met entre parenthèses certains préjugés pouvant constituer un obstacle épistémologique. Il est aussi invité à la fidélité dans la restitution de la pensée des auteurs consultés, à l’honnêteté intellectuelle pour éviter le plagiat, « le fait de s’approprier un travail (texte, image, photo, données) réalisé par quelqu’un d’autre » et la fraude scientifique (qui consiste « à déformer les résultats d’une recherche pour différents motifs : confirmer une hypothèse à laquelle on tient, rendre publiable une recherche qui ne le serait pas, satisfaire les exigences du commanditaire de la recherche, etc. » , falsification des résultats), à cultiver l’esprit critique et autocritique durant sa démarche scientifique et à être ouvert à toute remise en question des résultats de ses recherches. Retenons que la recherche scientifique finit par la production d’un travail qui sera reconnu scientifique par ses pairs ou les chercheurs évoluant dans le même domaine de recherche.  

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mercredi 6 septembre 2017

Le concept de jeunesse ne fait pas l’unanimité quant à ce qui concerne sa définition. Cependant, nous partageons la pensée de Najat Maalla M’jid quand il fait remarquer que « la jeunesse ne se résume pas à une catégorie de personnes définies selon l’âge. Les jeunes ne constituent pas un bloc homogène mais constituent une diversité plurielle, du fait de plusieurs facteurs incluant le genre, le lieu de vie urbain ou rural, la langue, l’ethnie, le statut socio-économique, les niveaux d’instruction, etc. »[1]. Les considérer comme constituant un bloc homogène relève de  la méconnaissance de la pluralité des conditions que vivent les jeunes et cette méconnaissance entraîne une fausse perception de la jeunesse. Celle-ci est alors perçue comme un groupe prompt à la désobéissance, prêt à créer l’anarchisme, caractérisé «  par « le goût de la facilité », « la contestation stérile » et « la critique systématique ». Ils ne seraient pas, dans leur grande majorité, des personnes susceptibles d’être constructifs » [2] et c’est un groupe manipulable, dit-on.

Tout n’est pas totalement faux, mais ne les réduire qu’à ces aspects est un signe de cécité existentielle.

Et pourtant, il sied de les voir positivement afin de voir en eux «  des agents actifs du changement, des acteurs clés pour le changement social, la croissance économique et l’innovation technologique »[3] ; et qui les voit ainsi, ne manquera pas de les considérer comme le « fer de lance de la nation », et « la garantie la plus sûre pour l’avenir » ou encore « l’avenir au présent »[4].

De ce qui précède, à la suite du poète et homme d'affaires américain Samuel Ullman, je dirais que «la jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort (...) vous êtes aussi jeune que votre foi en l’avenir, aussi vieux que votre doute, aussi jeune que votre confiance en vous-même, aussi jeune que votre espoir, aussi vieux que votre abattement »[5].



[1] Najat Maalla M’jid, La jeunesse, avenir du continent africain,  Menton, le 22 janvier 2015[en ligne] htpp://www.observatoire-social-international.com/.../dr-mjid-la-jeunesse-africaine-oct-15.pdf (page consultée le 20 juillet 2017).

[2] Friedrich Ebert Stiftung , Les jeunes et l’engagement en politique.Manuel d’information et de formation,Yaoundé (Cameroun), 2014[en ligne] library.fes.de/pdf-files/bueros/kamerun/10803.pdf (page consultée le 20 juillet 2017).

[3]  Najat Maalla M’jid,  art.cit.

[4] Friedrich Ebert Stiftung  art.cit.

[5] Najat Maalla M’jid,  art.cit.

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Quel hommage rendrais-je à ce « sorbonnard »[1] qui, à 29 ans, « habillé en abacost léger »[2], entra dans un des auditoires du Campus universitaire de Lubumbashi « un certain mardi du mois d’Octobre 1973 en début d’après-midi »[3] ?

 

         Quel propos tiendrais-je sur cet homme devenu « la référence incontournable de l’histoire congolaise »[4] ?

 

         C’est en entendant sa voix quand il répondit à Martin Kalulambi Pongo que je me suis dit que j’avais affaire à un intellectuel engagé qui ,e renvoie au spectateur engagé de Raymond Aron[5] : « Martin ! Martin ! Le Congo a besoin de se tourner vers son passé pour projeter l’avenir ».[6] Quelle passion pour son Congo ! Oui, Hegel n’a pas tort, dans son cas, quand il affirme que « rien de grand ne s’est produit dans le monde sans passion »[7].

 

         C’est cette passion qui explique l’intitulé de ma communication Du cri de guerre « Libérer l’Avenir » à la philosophie de l’histoire. Libérer l’Avenir est, pour Ndaywel, le sens d’être de son existence intellectuelle. Ce cri se fera toujours entendre toutes les fois qu’il écrira sur son  Congo natal et chaque fois qu’il parlera de son Congo, celui  de ses aïeux. Ce cri de guerre, à mon humble avis, débouche sur une philosophie de l’histoire propre à Ndaywel et non à moi. Que dis-je ? A lui d’en prendre acte, car elle colle à sa peau scientifique. Paraphrasant Louis Althusser[8], je dirais qu’en chaque historien dort ou  sommeille un philosophe de l’histoire. S’agit-il de la philosophie spontanée ? Quaeretur ! Ainsi j’annonce mes couleurs et j’avance à visage découvert : c’est en tant que philosophe de l’histoire que je lis Ndaywel.

 

Puisqu’il s’agit d’un cri de guerre d’un intellectuel engagé ayant des lunettes dont les unités sont celles de la philosophie de l’histoire pour bien projeter et voir l’Avenir de son Congo, Don Béni, je présenterai sa philosophie de l’Histoire en partant de sa CONVICTION comme fil d’Ariane afin de suivre Ndaywel quand il pénètre dans la forêt du Congo ancien qui le conduit au Congo moderne et contemporain et en passant par sa «  tentative d’étancher la soif d’histoire des acteurs congolais »[9].



[1] M. KALULAMBI Pongo, Préface à I. NDAYWEL E Nziem, L’invention du Congo contemporain. Traditions, mémoires, modernités. Tome I, Paris, L’Harmattan, 2016, p. 9.

[2] Ibidem, p. 9.

[3] Ibidem, p. 9.

[4] Ibidem, p. 9.

[5] R. ARON, Le spectateur engagé. Entretien avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Paris, Julliard, 1981.

[6] M. KALULAMBI Pongo, op.cit.,  p. 9.

[7] F. HEGEL, HEGEL, .G.W.F ,- La philosophie de l’histoire, édition réalisée sous la direction de Myriam Bienenstock, traduction française de Myriam Bienenstock, Christophe Bouton, Jean-Michel Buée, Gilles Marmasse et David Wittmann, appareil critique de Norbert Waszek, Paris, Librairie   générale française, 2009, p.164.      

 

[8] Cf. L. ALTHUSSER, Philosophie et philosophie spontanée des savants (1967), Paris, François Maspero, 1974, p.70.

[9] I. NDAYWEL E Nziem, L’invention du Congo contemporain. Traditions, mémoires, modernités. Tome I, p.65.

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« Peut-on parler d’un « EVENEMENT KAOZE » ? »[1] C’est par cette question que commence l’introduction du livre Paix au Congo. Stefano Kaoze : une vie… des proverbes… Oui, fut la réponse et oui est aussi ma réponse. Les auteurs dudit livre situent cet événement au jour où le jeune garçon avait déclaré à son oncle maternel, le Chef Mwembezi, qu’il voulait découvrir le secret des papiers des Blancs.[2] J’ai ma façon de voir cet Événement.

      Je l’appelle Événement Stefano et non « Événement Kaoze », pour la simple raison que « Monsieur l’Abbé Etienne Kaoze [était] plus connu sous le nom de Padri Stefano ».[3]

A mon humble avis, l’Événement Stefano est semblable à une pièce théâtrale à plusieurs actes. En recevant l’ordre mineur de la tonsure,  quelque chose devait tôt ou tard arriver. Et scientifiquement, un acte de la pièce fut joué le 08 août 1910 quand le Père Vermeersch a reçu le manuscrit qu’il publiera dans la Revue Congolaise sous le titre Psychologie des Bantu.

« Indigène civilisé »[4]  qui n’est pas « un nègre quelconque »,[5] Stefano Kaoze se taille la place sous le soleil et en publiant, en 1911, dans la Revue Congolaise la suite de son livre (articles ainsi que quelques lettres), il « trouve une audience de plus en plus large ».[6] En quoi cet article est-il un des actes de la pièce « Événement Stefano » ? Antoine Tshitungu Kongolo a des mots justes comme réponse à ma question. Selon lui, et en cela il a tout à fait raison, La psychologie des bantu est un « pendant congolais »[7] à L’esquisse de la psychologie de nos Noirs de Mgr Roelens qui ne relève pas d’un mimétisme comme d’aucuns l’ont affirmé.[8] L’écrit de Stefano Kaoze est une prise de position raisonnée dans un large champ de bataille à la fois politique et intellectuelle. Du point de vue politique, l’article, comme le souligne Antoine Tshitungu Kongolo, « s’insère dans la stratégie de défense des missionnaires, mis en cause pour leur méthodes autant que pour le bilan de leur action civilisatrice ».[9] Ayant pour destinataire de facto le lecteur métropolitain, Stefano Kaoze cherche à « illustrer, à travers sa prise de parole concédée, l’excellence de l’enseignement des missions en butte aux assauts de tenant de laïcisation de l’école au Congo, et partout de légitimer la globalité de l’action des missions, alors mise à mal ».[10] Comme prise de position intellectuelle, La psychologie des bantu se veut être une arme intellectuelle. De par son titre, l’article annonce ses couleurs. Le choix lexical, substituant le vocable BANTU à NOIR, est « une récusation mezza voce de la terminologie missionnaire en cours »[11] et annonce « un écart, même infime, vis-à-vis des textes missionnaires qui ont incontestablement servi de modèle à l’élève [Stefano Kaoze] ».[12] Et la fortune qu’aura le vocable BANTU « dans la période de l’après-guerre et tout le parti qu’en tireront Placide Tempels, Paul Lomami-Tshibamba, Alexis Kagame dans leurs écrits respectifs »[13] marque une rupture lexicale.  Arme intellectuelle, La psychologie des Bantu cherche à mettre les pendules à l’heure quant à ce qui concerne « ce que nous sommes, nous Benyi-Marungu, et ce que nous ne sommes pas »[14] face à ceux qui, « parce qu’ils ont tout, ont fait de notre pays le leur ».[15] Et Stefano Kaoze y fait un serment de la Révolution de la liberté : « On ne pourra nullement lier notre immunité interne et physique de tout lien ; nulle corde, nulle chaîne, nulle prison, ne peut toucher cet être interne ».[16]



[1] CENTRE D’ARCHIVES ECCLESIASTIQUES S. KAOZE KINSHASA, Paix au Congo. Stefano Kaoze : une vie … des proverbes… , Lubumbashi, PUL, 2005, p. 7.

[2] Cfr Ibidem, p. 8.

[3] Mort de Mr l’Abbé Stefano Kaoze, premier prêtre indigène au Congo Belge, Dans Révue du Clergé Africain N° 1, t. 6, 1951, p. 221.

[4] A. VERMEERSCH (s.j.), Les sentiments supérieurs chez les congolais. Partie documentaire I. Les congolais, d’après un congolais civilisé, dans Stefano KAOZE, La psychologie des bantu et quelques lettres (1907-1911). Reproduction anastatique par A. J. SMET, Kinshasa, Département de Philosophie et Religions Africaines/ Faculté de Théologie Catholique, 1979, p. 3.

[5] Ibidem, p. 4.

[6] CENTRE D’ARCHIVES ECCLESIASTIQUES S. KAOZE KINSHASA, Op. Cit., p. 69.

[7] Antoine TSHITUNGU Kongolo, La présence belge dans les lettres congolaises. Modèles culturels et littéraires. Préface de Julien KILANGA Musinde, Paris, L’harmattan, 2008, p. 285.

[8] Ibidem, p. 299.

[9] Ibidem, p. 289.   Souligné par l’auteur.

[10] Ibidem, p. 299.

[11] Ibidem, p. 300.

[12] Ibidem, p. 300.

[13] Ibidem, p. 300.

[14] Stefano KAOZE, Op. cit., p. 9.

[15] Ibidem, p. 25.

[16] Ibidem, p. 18.

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